Pour l’élite, nos vies passent après leurs profits


Le 1er décembre dernier à Marseille une femme de 80 ans, Zineb Redouane, recevait le tir d’une grenade en plein visage alors qu’elle se trouvait chez elle. Une grenade tirée par un policier, lors d’une manifestation.


Gravement blessée, elle mourait le lendemain à l’hôpital. Les médias n’ont quasiment jamais parlé de ce scandale absolu, et la justice vient, péniblement, d’ouvrir une enquête. Plus de trois mois après les faits. Alors qu’une femme a été tuée par l’armement de la police, c’est donc un silence médiatique assourdissant et une impunité totale qui règne.

Ce drame reste le plus terrible, parmi les milliers de personnes touchées par la répression depuis novembre : 22 personnes éborgnées, 5 mains arrachées, des centaines de personnes défigurées. Pas plus tard que samedi 16 mars, un manifestant a perdu un œil sur les Champs-Élysées, alors qu’un autre a eu une partie du pied arrachée par l’explosion d’une grenade. Deux mutilés de plus.

Pourtant, les médias ne parleront pas de ces deux nouvelles vies brisées par un maintien de l’ordre militarisé. Non. Depuis deux jours, c’est un ouragan médiatique pour déplorer les «saccages», le «vandalisme» et les «destructions». Alors que des boutiques de luxes et un restaurant réservé à l’élite a été abîmé, le gouvernement va jusqu’à parler d’une «attaque contre la République». Les mots n’ont plus de sens.

Pour l’élite, les biens matériels valent plus que des vies. Des vitrines sont plus précieuses que des corps. De l’argent perdu mérite plus d’égard que les millions de chômeurs, de précaires, les milliers d’accident du travail et de dépressions, ou les centaines de SDF qui meurent à la rue chaque année.

Avec Macron, une boutique de luxe est un symbole de la République. On enferme des centaines de contestataires au nom de la démocratie, et on organise un «grand débat» à coups de Flash-Ball. Les valeurs les plus élémentaires sont inversées.

Justice pour toutes et tous !

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