1,5 Million de manifestants : mobilisation historique

1,5 million. C’est le nombre de manifestants et manifestantes comptabilisées par les syndicats ce jeudi 5 décembre. Même le gouvernement concède le chiffre, énorme, de 800.000 manifestant-es. C’est gigantesque. À titre de comparaison, la première journée du mouvement victorieux de 1995 avait réuni entre 700.000 et 1,3 million de manifestant-es le 23 novembre 1995. La dernière lutte sociale de grande ampleur, contre la Loi Travail en 2016, en avait réuni “seulement” 224.000 à 500.000 le 9 mars.

C’est donc une mobilisation historique. Plus de 30.000 à Nantes, 20.000 à Caen et Saint-Étienne, 25.000 à Rennes et Rouen, 55.000 à Bordeaux, et jusqu’à 100.000 voire 150.000 à Toulouse et Marseille, des centaines de milliers à Paris. La puissance de cette journée de grève est d’autant plus criante lorsqu’on regarde les villes moyennes : 6000 à Bourg en Bresse, 7500 à Angoulême, 10.000 à Nancy, 8000 à Metz, 11.000 à Poitiers…

Elle est historique surtout car 1,5 millions de personnes ont manifesté malgré la terreur d’État. Le niveau de répression et de violence policière, comme l’arsenal du maintien de l’ordre, sont sans commune mesure avec 1995, 2006 ou 2016. La police fait peur, elle frappe les corps et les esprits. Le gouvernement a installé un climat d’effroi en mutilant des dizaines de personnes, en arrêtant par milliers les opposant-es. C’est donc une prise de rue considérable, puisque des millions de personnes n’osent plus aller en manifestation à cause de la répression.

Mais ne nous leurrons pas. Cela ne suffira pas. Il faut accélérer le tempo en organisant des actions, des blocages et des manifestations tous les jours ou presque. Ne pas relâcher la pression face à ce gouvernement de combat. La fenêtre de tir est courte : soit nous faisons reculer Macron avant Noël, soit il sera beaucoup plus difficile de faire bouger les lignes. Il reste donc deux semaines.

L’ampleur de cette journée est telle, et témoigne d’une colère si grande, qu’il est évident qu’il ne s’agit pas d’un combat «pour les retraites», mais bien d’un soulèvement pour la vie et la dignité. Et a minima d’une volonté de faire tomber ceux qui nous gouvernent.

De l’audace !

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