28 Décembre à Nantes : «Grèveillon» et gilets jaunes


Chants anticapitalistes, parcours audacieux de dynamique, police débordée, hôtel de luxe décoré


Le mot circulait de façon presque confidentielle : rendez-vous dans la rue le samedi 28 décembre. Au creux des fêtes, au moment le moins propice aux mobilisations d’ampleur, cet Acte 59 va surprendre tout le monde, et en particulier les autorités.

Vers 15h, un petit cortège démarre de la croisée des trams sous un soleil d’hiver. Beaucoup de Gilets Jaunes, quelques musiciens, de la jeunesse, quelques syndicalistes… Finalement, jusqu’à 1000 voire 1500 personnes vont manifester à Nantes. Une affluence inattendue pour la période. La police prise de cour, est quasiment absente du centre-ville, ce qui permet au cortège d’emprunter toutes les rues qui ont été volées par le maintien de l’ordre militarisé de ces dernières années.

Le passage Pommeraye, cossu et richement décoré, est envahi dans la bonne humeur. Puis ce sont toutes les artères commerçantes généralement bouclées, notamment la rue Crébillon, celle des boutiques de luxe, ou la Place Graslin. La manifestation se dirige ensuite vers la gare et force un barrage de police, avant d’être arrêté juste devant l’entrée par des unités de BAC.

Toute en énergie, la manifestation passe devant la mairie de Nantes qui est taguée et atteint même la Place Aristide Briand, au cœur des quartiers ultra-privilégiés. Sur place : l’hôtel de luxe «Radisson Blu», symbole de la bourgeoise nantaise, cible parfois imaginée par les Gilets Jaunes, mais jamais atteinte. Devant l’établissement, des tags, des fumigènes, des cris «Révolution». Les drapeaux devant l’hôtel de luxe sont descendus, des Gilets Jaunes sont montés à la place ! Le portail d’entrée est mis hors service. Dans l’hôtel très fréquenté à la faveur des fête, les gérants confieront leur «frayeur» dans la presse locale. Globalement, l’ambiance est festive et calme : quand la police n’est pas là, tout se passe mieux.

Après ce coup d’éclat, la longue promenade continue de serpenter dans le centre, semant quelques tags. Le jour décline, une altercation éclate devant un bar réputé pour accueillir le milieu néo-nazi local, devant la cathédrale. La police intervient et deux manifestants sont arrêtés. Il fait nuit sur Nantes et la manifestation, dynamique et créative, est terminée.


Cette mobilisation surprise annonce-t-elle un début d’année de braise ?


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