Nantes : les plaintes pour violences policières systématiquement enterrées


Ces dernières années, la police nantaise a blessé plusieurs centaines de personnes. Trois jeunes hommes sont morts depuis 2017 lors d’interventions de police.


Dans ce contexte, des collectifs comme l’assemblée des blessés par la police luttent contre l’impunité. Et deux avocats qui suivent les dossiers de victimes depuis des années expliquent : «À nous deux, nous avons déposé une trentaine de plaintes pour violences policières, à Nantes, depuis la loi Travail. Trois enquêtes seulement ont été confiées à des juges d’instruction, dont une à ma demande. L’essentiel des affaires a été classé sans suite par le procureur».

Autrement dit, ces quatre dernières années, sur des centaines de blessures et de mutilations, pas une seule plainte n’a abouti, ne serait-ce qu’à un procès ! Une éventuelle condamnation, même symbolique, est inimaginable.

«Quand dans un dossier extrêmement grave ou médiatisé, des juges d’instruction sont saisis, c’est pour des infractions a minima» précisent les avocats, qui dénoncent la parole «sacralisée» d’agents pourtant mis en cause dans d’innombrables mensonges ces derniers temps.


Les violences d’État ne sont pas des «bavures». C’est un système rationnel et délibéré de terrorisation, et d’atteintes physiques aux catégories de la population qui dérangent les autorités.


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