Un CRS qui arborait un symbole SS sur son casque promu brigadier-chef

En 2014, «l’inspection technique de la direction centrale des CRS» découvre lors d’une visite à une compagnie l’insigne d’une Panzerdivision de la SS qui a sévi pendant la Seconde Guerre mondiale sur le casque d’un agent. Les faits sont consignés dans un «rapport d’enquête administrative du 21 février 2014». Le CRS fan du Troisième Reich se justifie ainsi : «Je suis amateur de matériel militaire de cette époque» et «le meilleur matériel était du côté allemand». Curieuses justifications.

Dans la compagnie, une policière d’origine maghrébine, Inès, subit des humiliations sexistes et racistes. Certains hommes, dont l’amoureux des chars SS, refusent de lui serrer la main, de la saluer ou même de lui adresser la parole. Les insultes se succèdent : «pétasse», «grosse pute»… Elle entend aussi des propos gravement antisémites. Le 5 décembre 2012, l’un des CRS fait mine de se masturber, en public, à proximité de son visage alors qu’elle est assise. Inès dénonce les faits.

En 2020, le CRS néo-nazi est promu brigadier-chef par un arrêté signé par le grand chef de la police nationale, Frédéric Veaux. Cela ne semble donc pas disqualifiant pour une promotion dans la police d’avoir porté un blason nazi et d’avoir évolué dans une ambiance sexiste dans son unité. C’est même encouragé. Un agent violent et ouvertement d’extrême droite est récompensé.

À l’inverse, les deux agents qui avaient dénoncé les agissements du CRS fan de SS ont été persécutés. «Le principal témoin de ces agissements qui les a dénoncés par voie d’attestations, a été mis à l’écart» par «punition». 6 ans plus tard, il ne souhaite plus s’exprimer. Quant à Inès, elle a été brisée: «J’ai dénoncé le sexisme, le racisme, et moi, du coup, je n’ai plus de carrière. On se dit que quand on est victime ou témoin de faits répréhensibles dans la police, il vaut mieux se taire ou se barrer. Lui, ses idées resteront, malheureusement».

Morale de l’histoire ? Les «bavures» ou les «dérives» n’existent pas : c’est tout un système d’impunité, de violence, et de culture d’extrême droite qui règne dans la police française. Pour preuve ? Les policiers qui sont sont illustrés par des violences extrêmes pendant les Gilets Jaunes avaient reçu des médailles. Les agents les plus dangereux montent en grade. Les rares qui les dénoncent sont mis à l’écart.


Il n’y a pas de «bonne police»


Source : https://www.marianne.net/societe/un-crs-qui-arbore-un-blason-nazi-vient-d-etre-promu-brigadier-chef

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