En 2012, 935.000 caméras de surveillance étaient recensées en France. Aujourd’hui, il y en a probablement des millions. Et des milliards dans le monde, qui enregistrent nos déplacements dans les rues.

À présent, les données se sont interconnectées, permettant de retracer les itinéraires et de ficher à grande échelle. L’émergence de technologies de reconnaissances faciales, déjà testées en France lors du confinement, et beaucoup plus largement en Chine pour contrôler la population, risquent d’anéantir toute forme d’anonymat dans les villes. Et de réduire les libertés individuelles de façon inédite. Outre les masques de protection, quelques pistes pour saboter cette entreprise de surveillance qui va concerner l’humanité à brève échéance :
MAQUILLAGE
En Russie, Grigory Bakunov, un employé de l’entreprise Yandex, a élaboré un algorithme permettant de créer un maquillage spécifique qui esquive les logiciels de reconnaissance faciale. Des traits ou des points rouges, noirs ou bleus sur la peau qui «trompent les caméras intelligentes avec juste quelques lignes sur le visage». L’artiste berlinois Adam Harvey, a pensé à un dispositif de maquillage similaire baptisé «CV Dazzle». Pour l’instant, cela semble suffire pour faire buguer les logiciels.
PROJECTEUR
Alors que le gouvernement de Hong Kong, a fait passer une «loi anti-masque» pour mieux réprimer la contestation, une invention de l’artiste Jing-Cai Liu, élaborée et filmée en 2017, avait circulé parmi les manifestants : un bandeau projecteur fixé dessus de la tête diffusant des images aléatoires sur le visage. L’identité visuelle projetée sur la personne qui porte ce petit projecteur change toute les poignées de secondes, rendant impossible toute identification, même à visage découvert.
T-SHIRT
Les chercheurs de la Northeastern University, du MIT et d’IBM ont conçu un t-shirt qui permet de se dérober à la technologie de reconnaissance faciale. Les algorithmes de surveillance fonctionnent en reconnaissant une caractéristique dans une image, en dessinant un «cube de visualisation» – «bounding box» – autour d’elle et en attribuant une étiquette à cet objet. Pour interrompre ce processus, le t-shirt utilise des motifs colorés et pixelisés qui amènent la technologie à penser que vous n’existez pas. En d’autres termes, les grappes de pixels sont disposées pour plonger dans la confusion le système de classification et d’étiquetage de l’Intelligence Artificielle. Porter le t-shirt rendrait 63% moins susceptible d’être détecté par la surveillance numérique.
En bref, si les technologies de contrôle des corps n’ont jamais été aussi puissantes et perfectionnées dans l’histoire de l’humanité, des failles existent. Il ne tient qu’à nous de les diffuser ou d’en inventer de nouvelles, face à un «monde d’après» toujours plus sécuritaire et réduisant les marges de libertés.
AIDEZ CONTRE ATTAQUE
Depuis 2012, nous vous offrons une information de qualité, libre et gratuite. Pour continuer ce travail essentiel nous avons besoin de votre aide.