Start-up nation, violence sociale

En 2017, Macron impose par ordonnance les «accords de performance collective». Un dispositif qui permet aux entreprises d’aménager la durée du travail, de baisser les salaires ou de jouer sur les mobilités, officiellement, «afin de préserver les emplois». En clair, si un patron estime que son entreprise est en «difficulté», il peut détruire les droits de ses salariés en faisant du chantage à l’emploi.

À Blagnac, en Haute-Garonne, l’entreprise Derichebourg, sous-traitant d’Airbus et de Dassault n’a pas traîné. Dès la sortie du confinement, la direction a demandé à ses salariés d’accepter une baisse «temporaire» des salaires, de 8,56 euros par jour pour les plus bas, soit 20% de réduction.

Sur les 1.583 salariés que compte la société, 163 n’ont pas accepté l’accord, selon France Bleu Haute-Garonne. Comme le prévoit la loi, ils ont été licenciés pour «cause réelle et sérieuse». Bref, travaille et ferme ta gueule, sinon c’est la porte. Le reste a accepté sous la menace. «En échange de ces nombreuses concessions, la direction s’est engagée à maintenir les emplois jusqu’en juin 2022». Pour moins de 2 ans donc.

Selon un salarié, «L’ambiance est délétère, les gens n’ont plus envie de travailler […] Soit ils prennent le risque de partir et de ne pas trouver de travail avec la crise, soit ils restent dans la société mais ils n’ont pas assez de travail pour vivre».

Les «accords de performance collective» sont déjà utilisés dans plusieurs entreprises, et risquent bien de se développer encore dans les mois qui viennent. Le pouvoir et le patronat font payer les «crises» aux plus pauvres.


Une source : https://www.liberation.fr/france/2020/08/10/derichebourg-163-salaries-refusent-de-baisser-leurs-salaires-ils-sont-licencies_1796466

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