Méthanisation : une usine à gaz empoisonne l’eau potable de 180.000 personnes


Jeudi 20 août, 180.000 personnes sont privées d’eau potable dans le Finistère. La rivière de l’Aulne est polluée par une usine à gaz : ce qu’on appelle un «méthaniseur». Les cuves d’un méthaniseur remplies de «digestat» ont débordé dans les cours d’eau près de la ville de Chateaulin, et pollué l’eau de dizaines de milliers d’habitants.


La méthanisation consiste à utiliser les déjections animales mêlées à des «cultures intermédiaires» (avoine, orge…), des résidus céréaliers et à les mélanger dans un digesteur, aussi appelé «méthaniseur». Cette grosse marmite chauffe la mixture à 38°C pendant au moins 40 jours voire, selon les installations, jusqu’à 200 jours. Du méthane se dégage de cette marmite. Il est ensuite converti en électricité. Ce qui sort du digesteur est appelé «digestat» : un concentré d’azote, de phosphore et de micro-organismes.

En Bretagne ce sont près de 400 mètres cube de «digestat» qui ont fui de la centrale de «biogaz» à la suite d’un «incident technique». La préfecture a mis plus de 24 heures à tirer la sonnette d’alarme. Et ces usines à gaz sont souvent mal contrôlées. Le gérant de la centrale, Clotaire Lefort prétend que «tout est en sécurité et la situation est maîtrisée». La centrale biogaz est située à environ 1 kilomètre de l’Aulne, un fleuve côtier, et en amont d’une usine d’eau potable.

Les usines à gaz de ce type se multiplient sur tout le territoire, grâce aux subventions publiques distribuées à de gros exploitants agricoles. Dans le département du lot par exemple, les opposants aux méthaniseurs signalent des extinctions massives d’abeilles chez un apiculteur voisin, et une hécatombe parmi les vers de terre vivant sur une parcelle fertilisée avec le digestat de Bioquercy. Après avoir fait analyser le digestat par un laboratoire, ils mettent en évidence «la présence de plusieurs métaux lourds en grande quantité et aussi des siloxanes, dont le D4, un reprotoxique considéré comme perturbateur endocrinien».

Tant que le système capitaliste et productiviste perdurera, même les énergies dites «bio» ou «renouvelables» reposeront sur toujours plus de consommation et de domination intensive de la nature, mettant en danger l’écosystème et la population. C’est le système marchand qu’il faut détruire.


Source : https://www.lemonde.fr/…/dans-le-finistere-180-000…

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