En marche vers la mort de la Sécurité Sociale

Des soins aux urgences facturés. Le projet de loi de finances de le sécurité sociale 2021 du gouvernement prévoit l’instauration d’un «ticket-modérateur forfaitaire» pour toute personne dont l’arrivée aux urgences ne serait pas suivie d’une hospitalisation. À l’exception des femmes enceintes et des malades chroniques.

Pour un point de suture non suivi d’hospitalisation, pour une blessure en manif, pour une suspicion de maladie, pour des symptômes de COVID… s’il n’y a pas d’hospitalisation derrière, c’est payant ! En cas de problème médical, nous sommes donc censés nous auto-diagnostiquer – ou diagnostiquer nous-mêmes nos enfants – avant de se présenter aux urgences. Et «espérer» être admis à l’hôpital, sous peine de devoir payer…

Avec cette mesure, il ne fait aucun doute que de nombreuses personnes, surtout les moins riches, renonceront à se faire soigner alors qu’elles en auraient besoin ! C’est une logique dogmatique ultra-libérale : chaque individu serait responsable de sa situation, quelle qu’elle soit.

Pour justifier cette mesure, le gouvernement agite sa volonté de «désengorger» les urgences. Plutôt que d’embaucher du personnel soignant, on va donc faire payer les patients. Logique capitaliste.

En pleine pandémie, ce gouvernement atteint un nouveau palier d’ignominie et entame le coup de grâce pour le système de sécurité sociale, qui garantissait à tout le monde un accès aux soins gratuit. Vous voulez savoir ce qu’est un modèle “rentable” ? Allez voir aux USA, où il faut débourser des dizaines de milliers de dollars pour quelques nuits en chambre d’hôpital, et des milliers de dollars pour la moindre petite blessure. Et si vous n’avez pas les moyens ? Vous souffrez en silence, et parfois vous mourez.

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