🔴 MAINTENANT QUE LA BARBARIE EST LÀ …

Ce qu’il faut retenir du dernier samedi de mobilisation

Les libertĂ©s partent fumĂ©e les unes après les autres, le gouvernement enchaĂ®ne les provocations, la police rĂ©clame les pleins pouvoirs, et pourtant c’est la sidĂ©ration qui l’emporte. Le dernier samedi de mobilisation pour les LibertĂ©s Ă  Paris a marquĂ© un nouveau cap dans la barbarie. Que faut-il retenir de la manifestation ? Et comment rĂ©agir ?

➡️ Plusieurs milliers d’hommes en armes, 5 canons Ă  eau, un dispositif totalitaire pour empĂŞcher une marche contre des mesures liberticides. Qui aurait pu imaginer une telle scène il y a encore quelques annĂ©es ? Et dès le dĂ©part de la manifestation des attaques innombrables, incessantes, sauvages contre toutes les parties du cortège. Banderoles arrachĂ©es, coups de matraque au hasard dans les tĂŞtes, corps piĂ©tinĂ©s, os brisĂ©s, personnes traĂ®nĂ©es au sol. La manifestation dĂ©filait entre deux rangs de policiers qui tabassaient tout le monde pour faire peur. Une ambiance fasciste.

➡️ Arrestations de masse. Tout au long de la journĂ©e, le pouvoir et les mĂ©dias annonçaient avec gourmandise le nombre d’interpellations. Quasiment 150 Ă  la fin de la journĂ©e. Journalistes, avocats, badauds, jeunes ou âgĂ©s, hommes et femmes, Gilets Jaunes ou syndicalistes. Aucun motif autre que terroriser. Une rafle. Certains sont encore enfermĂ©s. Quand cela se passe en Russie, tout le monde s’en Ă©meut, Ă  juste titre. Mais ici, les mĂ©dias fĂ©licitaient le gouvernement.

➡️ Des blessĂ©s par dizaines. Un tĂ©moignage qui rĂ©sume la situation : « en tant que street-medic, on avait jamais vu autant de crânes ouverts que cet après-midi dans Paris… Les flics ont matraquĂ©s du dĂ©but Ă  la fin de la manif tout le monde sans distinction… des images horribles en-tĂŞte ». A l’image du joueur de tambour au visage couvert de sang, frappĂ© pour le plaisir.

➡️ Les grands mĂ©dias prĂŞts pour le fascisme. Pendant que ce qui reste de fiction dĂ©mocratique s’évaporait, les mĂ©dias et leurs flics de service s’enthousiasmaient pour « l’efficacitĂ© » du maintien de l’ordre, la « rĂ©ussite » de la police. L’annihilation d’une mobilisation ne provoquait dĂ©jĂ  plus grande rĂ©action, mais Ă  prĂ©sent elle est mĂŞme saluĂ©e sur tous les Ă©crans ! BFM a mĂŞme parlĂ© de « maquillage » pour Ă©voquer une blessure Ă  la tĂŞte par un coup de matraque. La rĂ©Ă©criture du rĂ©el en direct. Tout est en place pour faire accepter une rĂ©pression plus terrible encore Ă  la population.

➡️ « Nouveau maintien de l’ordre ». Un syndicaliste policier dĂ©clarait sur un plateau que le but Ă©tait d’arrĂŞter « ceux qui perturbent par geste ou par cri ». Un autre flic, Matthieu Valet, annonçait sur la mĂŞme chaĂ®ne que les charges successives Ă©taient faites pour arrĂŞter non pas des casseurs, puisqu’il n’y avait pas de casse, mais pour : « interpeller les personnes vĂŞtues entièrement de noir ». C’est assumĂ©, revendiquĂ©. « Perturber par cri », donc en chantant un slogan, ou porter du noir peut valoir d’ĂŞtre chargĂ© et arrĂŞtĂ©. C’est la continuitĂ© de la rĂ©pression de ces derniers mois, mais nous avons Ă  l’Ă©vidence changĂ© de RĂ©gime.

➡️ Ni casse, ni « black bloc ». Pendant une semaine, une partie de la gauche et des Gilets Jaunes a rĂ©clamĂ© que les « black blocs » soient arrĂŞtĂ©s, et n’a parlĂ© que de « casse » plutĂ´t que des attaques liberticides gravissimes. Ce samedi, ces gens ont dĂś ĂŞtre satisfaits. Ni casse, ni « black blocs », mais une violence d’Etat nue, brutale, sans fard. Vous demandiez Ă  l’Etat d’agir contre les « black blocs » ? C’est fait. Etes vous satisfaits ? Car vous ĂŞtes coresponsables de la situation. Sommes nous dans le mĂŞme camp ? Vous aurez aussi constatĂ© qu’il n’y a pas besoin de « casseurs » pour subir une rĂ©pression atroce. Vous rĂ©pĂ©tiez que la «violence » de manifestants discrĂ©ditait le mouvement. Pourtant, samedi, sans casse, Darmanin se fĂ©licitait de la journĂ©e, et revendiquait une « victoire ». MĂŞme bilan cĂ´tĂ© mĂ©dia, un traitement Ă  minima : la presse annonçait Ă  peine 1000 manifestants Ă  Paris. Le fascisme est lĂ , mais au moins, il n’y a pas eu de barricades, alors tout va bien, soyez rassurĂ©s.

➡️ Une piste urgente pour ne pas tous finir Ă©crasĂ©s : arrĂŞter de reprendre les mots de l’ennemi. ArrĂŞter de vouloir plaire Ă  ceux qui nous rĂ©priment. ArrĂŞter de dĂ©noncer les diffĂ©rentes façons de lutter. Construire une force Ă  mĂŞme de gagner et rester solidaires. Les mobilisations en cours ne seront jamais convenables ou lĂ©gitimes aux yeux du RĂ©gime et de ses mĂ©dias. Il n’y a rien Ă  attendre, rien Ă  convaincre. Nous n’avons pas Ă  paraĂ®tre « responsables », « crĂ©dibles » ou « sages » pour l’ennemi. Nous devons lui faire peur.