Reprise de la résistance contre un projet destructeur au nord de l’Italie


Une ligne à «grande vitesse» entre Turin et Lyon dévasterait le Val de Suse, dans les Alpes italiennes


Le mouvement «NO TAV» est un mouvement né dans le Val de Suse, au nord de l’Italie, contre un projet pharaonique de ligne à grande vitesse reliant Turin à Lyon. Le projet est vieux de plus de 30 ans, pas prioritaire vu la situation économique et écologique, hors de prix, et il dévasterait le val en creusant un tunnel géant dans les Alpes, à un endroit où se trouvent des minerais dangereux. Ce projet, un peu l’équivalent de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes chez nous, avait été mis en veille ces dernières années. Mais semble reprendre…

Dès la mi-décembre des affrontements et manifestations ont eu lieu dans le val Susa suite à une nouvelle opération policière pour «protéger» des travaux de destruction de centaines d’arbres. Ces travaux marquent la reprise des chantiers du percement du tunnel. La résistance se remet en route et les assemblées d’urgence se relancent sous la neige.

Les habitantes et habitants du Val de Suse racontent «les ouvriers et les bulldozers, escortés par la police en tenue anti-émeute, sont au travail pour terminer la nouvelle clôture.» Des militants de No TAV, venant par les chemins, ont atteint la zone. «tandis qu’une neige hivernale cause des désagréments dans tout le nord de l’Italie, avec des centaines de trains annulés, des autoroutes impraticables, à Val Clarea, les dévastateurs recommencent à travailler pour déblayer une autre partie de la forêt».

Ils poursuivent: «C’est l’image de notre pays, un pays à deux vitesses. L’un est celui des spéculateurs, des emprunteurs avides d’argent public qui continuent ce que l’on peut désormais définir comme une “honte nationale” à tous égards, l’autre celui de ceux qui travaillent et étudient à l’extérieur et sont contraints de déménager. Nous nous demandons s’il est normal que le génie militaire soit utilisé pour ouvrir la voie aux intérêts privés, plutôt que de l’utiliser dans la protection publique de ceux qui doivent voyager dans un pays si fragile pour être mis à genoux. Nous nous demandons si l’argent consacré à ce travail inutile et périmé ne serait pas mieux utilisé pour enfin pouvoir faire face à ces événements climatiques». Ils dénoncent également la reprise de ces travaux alors que le pays est, comme la France, touché par des mesures de confinement.

«C’est la double vitesse qui divise de plus en plus radicalement notre pays. Telle est la myopie avec laquelle les intérêts de quelques-uns continuent de s’imposer face à la vie de beaucoup. Mais comme toujours, nous ne resterons pas les bras croisés, ce sera difficile !» Une assemblée tenue dès le lendemain de la reprise des travaux dénonçait à nouveau «une œuvre écocidaire imposée par la force».

Sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, des voix appellent «fermement à soutenir les NO TAV», avec qui «des liens et jumelage se sont tissés pendant dans années». Des appels à mobilisation large sur place sont à prévoir dans les prochaines semaines afin de bloquer les chantiers. Des actions de solidarité internationales seront les bienvenues. À suivre.


Images : ZAD NDDL Info

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