🔴 LA JEUNESSE MEURT À PETIT FEU

Les perspectives de ce dĂ©but d’annĂ©e sont encore plus noires que l’annĂ©e passĂ©e. Un horizon bouchĂ©, un tunnel dont on ne voit pas la sortie. Un RĂ©gime politique autoritaire, qui encadre tout jusque dans nos intimitĂ©s, et impose confinements et couvre-feux irrationnels. Une Ă©vaporation des libertĂ©s, de la fantaisie, des fĂŞtes. Et la rĂ©pression pour seule rĂ©ponse Ă  celles et ceux qui sortent du cadre. Pour la jeunesse, quel avenir dans un monde dĂ©jĂ  obscur, traversĂ© par les crises Ă©cologiques et sociales ? Dans ce contexte, une vague d’actes suicidaires a eu lieu ces derniers jours :

  • – Un Ă©tudiant s’est dĂ©fenestrĂ© Ă  Lyon, dans sa rĂ©sidence Ă©tudiante, et a Ă©tĂ© hospitalisĂ© entre la vie et la mort.
  • – Une Ă©tudiante a tentĂ© de se dĂ©fenestrer deux jours plus tard dans la mĂŞme ville.
  • – Une troisième Ă©tudiante s’est suicidĂ©e ce vendredi.
  • – Cet automne, pendant le deuxième confinement, un Ă©tudiant de Montpellier s’Ă©tait tuĂ© en sautant de sa rĂ©sidence.

Ces gestes dĂ©sespĂ©rĂ©s ne sont que la surface visible d’une dĂ©pression gĂ©nĂ©rale qui frappe en particulier la jeunesse confinĂ©e dans ses petits appartements depuis quasiment un an, et qui est mĂ©prisĂ©e par les gouvernants. Les cas de dĂ©tresses psychiatriques explosent. Alors que les Ă©tudiants sont dans une grande souffrance, Macron vient d’annoncer un « chèque santĂ© mentale » pour les consultations de psychologues par les Ă©tudiants : un peu d’argent pour couvrir le dĂ©sastre sans en rĂ©soudre les causes.

Le neurobiologiste Henri Laborit a rĂ©digĂ© un cĂ©lèbre travail intitulĂ© « Eloge de la fuite » en 1976. Le chercheur se base sur une expĂ©rience. Il envoie un signal douloureux Ă  une souris : sa première rĂ©action est de prendre la fuite, naturellement. Lorsque la fuite est impossible, elle se dĂ©bat et lutte, ce qui restaure son bien ĂŞtre et lui permet de dĂ©passer cette douleur. Lorsque ni la fuite ni la lutte ne sont possibles, la souris se rĂ©signe, et c’est ce qui gĂ©nère en elle du stress, des maladies, des cancers. Laborit Ă©tend ce système aux sociĂ©tĂ©s modernes. Il y aurait trois options : fuite, lutte, ou stress et dĂ©pression. Dans une sociĂ©tĂ© confinĂ©e et autoritaire oĂą nous sommes comme souris en cage, la fuite semble difficile, sauf Ă  travers l’imaginaire, la crĂ©ation. Il reste donc deux options : l’autodestruction et l’angoisse ou la rĂ©volte.