đŸ€– GÉNÉRALISATION DE LA RECONNAISSANCE FACIALE ? UN DÉCRET POUR SURVEILLER LE PORT DU MASQUE

Un nouveau dĂ©cret autorise l’usage de la vidĂ©osurveillance pour Ă©tablir des statistiques sur le taux de port du masque dans les transports en commun. SignĂ©e discrĂštement le 10 mars 2021, par Jean Castex, le ministre des transports Jean-Baptiste Djebbari et la ministre de la transition Ă©cologique, Barbara Pompili, sans dĂ©bat, la mesure constitue une nouvelle Ă©tape vers la gĂ©nĂ©ralisation de surveillance dite « intelligente ».

Dans le Journal officiel du 11 mars 2021, le gouvernement Macron autorise donc le « recours Ă  la vidĂ©o intelligente pour mesurer le taux de port de masque dans les transports » pour une durĂ©e d’un an Ă  partir de la date du 11 mars 2021. Le but officiel est d’obtenir un suivi statistique du port du masque dans les transports en commun, Ă  l’aide d’un « traitement logiciel spĂ©cifique permettant l’analyse en temps rĂ©el du flux vidĂ©o ». Et donc une utilisation trĂšs large d’un dispositif automatisĂ© de reconnaissance faciale pour analyser en direct certains comportements et apparences. L’argument sanitaire, un prĂ©texte puisque la quasi-totalitĂ© des personnes dans les transports publics est masquĂ©e depuis des mois, sert de justification Ă  cette innovation destinĂ©e au contrĂŽle des corps.

Le dĂ©cret prend quelques prĂ©cautions de façade : la vidĂ©osurveillance ne doit pas avoir recours Ă  la reconnaissance faciale « dans le but d’identifier les personnes et les punir d’une amende de 135 euros », et et les gestionnaires doivent s’assurer que « les images collectĂ©es exclusivement par des camĂ©ras fixes situĂ©es dans les vĂ©hicules ou les espaces accessibles au public affectĂ©s au transport public de voyageurs, ne font l’objet ni de stockage ni de transmission Ă  des tiers ». Il est Ă©galement rappelĂ© que l’exploitation des donnĂ©es « ne porte que sur le nombre de personnes dĂ©tectĂ©es et le pourcentage de ces personnes qui portent un masque, Ă  l’exclusion de toute autre donnĂ©e permettant de classer ou de rĂ©-identifier les personnes ».

Dans tous les cas, nous n’avons aucun contrĂŽle sur l’utilisation de ces donnĂ©es. Avec la Loi de sĂ©curitĂ© globale qui introduit Ă©galement la possibilitĂ© de traiter en temps rĂ©el les images rĂ©coltĂ©es par des camĂ©ras « intelligentes », le gouvernement en place crĂ©e les condition d’une gĂ©nĂ©ralisation des dispositifs de reconnaissance faciale. Et tout cela est imposĂ© Ă  marche forcĂ©e, sans concertation. BientĂŽt, nous pourrons toutes et tous ĂȘtre suivis Ă  la trace, sur la base de nos caractĂ©ristiques physiques, par les constellations de camĂ©ras et de mouchards prĂ©sents dans nos villes. Comme en Chine.


Le décret : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043235679?fbclid=IwAR3i5tK-6xMKQr8nuv_2pHqLMy3gUnc3YjFNJMwkYHgk5nh-UbofnxvUSx8