Palestine : massacres en toute impunité


Au moins 30 personnes tuées à Gaza dont 9 enfants


Un déluge de feu s’est abattu sur la bande de Gaza lundi et mardi. On comptait mardi au moins 28 victimes des raids israéliens dont de nombreux enfants. Hier soir, un immeuble a littéralement été pulvérisé par une frappe et s’est écroulé. Dans les hôpitaux régulièrement coupés de l’électricité et eux aussi visés par les missiles israéliens, les blessés affluent, brûlés, meurtris. Et Netanyahou, premier ministre israélien, a déjà annoncé vouloir «intensifier» les attaques, sous prétexte de «sécurité». Israël trouve toujours une excuse. Même pour justifier l’injustifiable.

Ces raids meurtriers font suite au soulèvement populaires des Palestiniens principalement de Jérusalem. Depuis deux semaines, la multiplication des expulsions de Palestinien de leur maison pour être purement et simplement occupée par des colons israéliens, a déclenché un mouvement de contestation d’ampleur. À Jérusalem, la police et l’armée israélienne ont férocement réprimé les manifestations. Même les secouristes Palestiniens du Croissant-Rouge sont la cible des forces armées. Lundi, l’armée israélienne a envahi la mosquée Al-Aqsa pour y lancer délibérément plusieurs bombes lacrymogènes et «désencerclantes» alors que les fidèles priaient, déclenchant la colère sur place.

Pour empêcher l’armée israélienne de s’aventurer sur l’esplanade des mosquées, des barricades ont été construites et les Palestiniens, hommes, femmes, tout âge, ont tenté de les repousser. Pendant que les affrontements avaient lieux et que brûlait les arbres de l’esplanade des mosquées, les israéliens rassemblés en contrebas observaient et se délectaient de la situation, dansant et chantant aux cris de «Yimach shemam» (que leurs noms [arabes] soient effacés). L’éloge d’un génocide.

Parallèlement, des roquettes sont envoyées depuis Gaza vers Israël, deux israéliennes auraient été tuées tandis que la plupart des autres missiles sont neutralisés par le Dôme de fer. La folie meurtrière israélienne ne s’est pas fait attendre. Les frappes israéliennes se sont abattues sur les habitants de Gaza comme des expéditions punitives contre le peuple palestinien, coupable d’exister. Des familles décimées comme Gaza en connaît que trop, habituée aux attaques mortelles venues du ciel.

Israël a baptisé l’opération «Gardien des murs». Car ils ont bien l’intention de protéger l’État qu’ils ont construit sur les terres palestiniennes en y expulsant la population qui y vivait. Ainsi, ce ne sont pas des «tensions» entre Israéliens et Palestiniens. La situation en Palestine n’a rien d’un «oui, mais il y a des torts des deux côtés» ou «de chaque camp». Il n’y a pas de camps. Ou de «côtés» équivalents. Il ne s’agit pas de deux forces égales qui s’affrontent. Il y a une puissance coloniale avec un système policier contre une population sans État et sans droits.

Réagir de la sorte, c’est ainsi nier le processus colonial en cours depuis des décennie, c’est nier le système d’Apartheid mis en place en Palestine occupé qui octroie des droits aux seuls juifs israéliens. Les «représailles» n’ont pas lieu d’être. Elles n’existent que pour la puissance coloniale. Comment parler de «représailles» lorsqu’un peuple prends les armes contre l’oppresseur ? Les médias renvoient dos à dos le Hamas et Israël, ces derniers rejetant la faute sur les mouvements armés Palestiniens comme responsable du massacre. Ne nous trompons pas : il ne s’agit pas là de soutenir ou non le Hamas ni les autres groupes de résistance armée, mais bien de soutenir le peuple palestinien contre l’oppression coloniale. La question n’est pas de savoir si le Hamas est mal ou non, mais d’où vient la légitimité de la lutte et de la violence.

En Palestine, le quotidien est rythmé par l’occupation, la colonisation et l’humiliation. À Gaza, l’aéroport, les universités et les autres infrastructures ont été anéanties par Israël, dont les dirigeants se réjouissaient de renvoyer le territoire «à l’Âge de Pierre». La petite enclave palestinienne compte deux tiers de réfugiés des zones désormais israéliennes et vit sous un blocus aux restrictions impitoyables depuis 2006. Quiconque va vivre à Gaza aura envie de lancer des roquettes vers Israël au bout de quelques jours. En Cisjordanie, la population palestinienne n’a aucune liberté dans son propre pays. Les check-points encerclent les villages Palestiniens et les colonies israéliennes s’installent sur leurs champs d’oliviers.

À Jérusalem, les colons prennent les maisons palestiniennes par la force, très largement soutenus par la police et l’État israélien. Les Palestiniens sont indésirables partout. Sous couvert de sécurité, Israël développe un apartheid cruel, méthodique et déterminé. Du fascisme à l’État pur.

Israël a développé le fascisme de sorte que détester les arabes est une valeur nationale et se réjouir de leur mort est une norme. Hier soir, une roquette palestinienne a fait plusieurs blessés en s’abattant sur un bus à Holon. Les médias télévisés israéliens répètent inlassablement d’aller «régler le problème avec des avions là-bas», certains suggérant qu’«il n’y a pas de problème à raser» un quartier palestinien entier.

Régulièrement lors des bombardements sur Gaza, les colons de Sdérot installent des canapés sur la colline surplombant l’enclave-prison pour admirer les boules de feu émanant des immeubles et habitations détruites par les frappes israéliennes. Les israéliens qui abattent un Palestinien sont loués en héros, alors même qu’il n’existe aucun élément tangible pour démontrer qu’il y a eu une attaque : c’est un Palestinien, il était forcément légitime de l’éliminer.

Hier encore, un colon israélien a délibérément fauché deux palestiniens en voiture : il ne sera pas arrêté ni inquiété, mais protégé par l’armée israélienne. Il y a en Israël une haine génocidaire envers les Palestiniens. Notons que le silence de nos gouvernements est coupable. Ce sont les alliés objectifs d’Israël.

Solidarité avec les Palestiniens et Palestiniennes !


APPEL A RASSEMBLEMENT SAMEDI 14H30 – COURS DES 50 OTAGES


Plus de détail dans le communiqué de l’UJFP et dans notre dossier ici :

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