đŸ‡§đŸ‡· BRÉSIL : LE GÉNOCIDE DES INDIGÈNES S’INTENSIFIE OFFICIELLEMENT

– Des flĂšches contre des grenades, le gouvernement d’extrĂȘme droite impose une loi contre les peuples autochtones. Par notre correspondante BrĂ©silienne –

Pendant plus de 16 jours, les indigĂšnes de nombreuses tribus du BrĂ©sil ont manifestĂ© dans plusieurs villes brĂ©siliennes pour demander le retrait d’un projet de loi (PL490) qui selon les indigĂšnes, est non seulement Ă©cocide, mais intensifie le gĂ©nocide qu’ils et elles subissent depuis plus de 500 ans.

A Brasilia, la capitale, ces manifestations se sont soldĂ©es par du mĂ©pris et de la violence de la part des autoritĂ©s brĂ©siliennes. Le 22 juin, alors que le projet de loi allait ĂȘtre examinĂ©, les manifestant.e.s ainsi que de rares dĂ©putĂ©.e.s ont fait pression devant le parlement et ont Ă©tĂ© lourdement gazĂ©, au point oĂč les gaz lacrymogĂšnes ont pĂ©nĂ©trĂ© l’enceinte de l’hĂ©micycle, rendant impossible la tenue du vote. L’examen de la PL490 est donc reportĂ©e au lendemain. Cette fois, les indigĂšnes sont molestĂ©.e.s par la police militaire et lĂ©gislative. Au moins 3 personnes ont Ă©tĂ© gravement blessĂ©es.

Un jeune de 26 ans du peuple SaparĂĄ, a Ă©tĂ© touchĂ© au torse, par des balles en caoutchouc, et au dos, par des dĂ©bris de grenade. Une femme du peuple Guarani KaiowĂĄ, a reçu des dĂ©bris de grenade et s’est Ă©vanouie sur place. Un homme du peuple Xokleng, a Ă©galement reçu des dĂ©bris de grenade. Des dizaines d’autres indigĂšnes ont souffert des attaques de la police. Certains ont agi en boucliers humains pour protĂ©ger leurs proches Ă©vanouis sous des tirs incessants de balles en caoutchouc, de grenade de dĂ©sencerclement, et de gaz lacrymogĂšnes. D’autres, auraient dĂ©cidĂ© de tirer des flĂšches et des pierres sur les policiers. Selon la chambre des dĂ©putĂ©s, trois policiers auraient Ă©tĂ© touchĂ©s par des flĂšches, le premier l’aurait reçu dans le pied, le second dans le thorax, et le troisiĂšme dans la jambe.

On peut Ă©videmment se demander comment il possible que la tenue des policiers protĂšge suffisamment d’Ă©ventuels impacts de grenades, mais pas de simple flĂšches… On peut Ă©galement se demander pourquoi aucun arc n’est visible sur les photos de la manifestation, rappelons que ceux-ci sont assez imposants et difficile Ă  dissimuler. La loi PL490 rend encore plus difficile, voire quasiment impossible, la dĂ©marcation de nouvelles terres pour les indigĂšnes, elle permet aussi Ă  l’État de se saisir des terres dĂ©jĂ  dĂ©marquĂ©es, (ce qui est contraire Ă  la constitution brĂ©silienne) si celles-ci reprĂ©sentent “un intĂ©rĂȘt public ou national” autrement dit, un intĂ©rĂȘt Ă©conomique, pour l’exploitation agricole ou miniĂšre par exemple. Les seules rĂ©serves qui seront maintenues sont celles que les indigĂšnes occupaient avant la constitution de 1988, c’est Ă  dire, avant la fin de la dictature militaire fasciste. Ces zones Ă©taient nettement plus rares qu’aujourd’hui, et cette occupation est trĂšs difficile Ă  prouver plus de 30 ans aprĂšs… C’est l’occasion parfaite d’en finir avec les rĂ©serves indigĂšnes qui selon Bolsonaro freinent le dĂ©veloppement Ă©conomique et industriel du BrĂ©sil.

Cette proposition de loi qui a Ă©tĂ© adoptĂ©e le 23 juin, met en danger non seulement la pĂ©rennitĂ© des forĂȘts brĂ©silienne, la vie et la culture des peuples originels d’AmĂ©rique du Sud, mais aussi la survie Ă  l’Ă©chelle mondiale de la biodiversitĂ© et la stabilitĂ© climatique. Une autre manifestation aura lieu le 30 juin pour faire pression sur la cour suprĂȘme.