Commando fasciste de Montpellier : au procès, conseil entre amis


Hier, le verdict du procès d’un commando fasciste avait lieu à Montpellier


En mars 2018, lors d’une grande mobilisation étudiante, un commando armé d’une quinzaine de militants d’extrême droite avait envahi un amphithéâtre occupé par des étudiants et étudiantes en lutte, avant de tabasser les personnes présentes. Bâtons, barres de fer, pistolets électriques et cagoules dans une université mobilisée. Une pure action de miliciens pour terroriser une lutte sociale. Au même moment, d’autres violences, commises par la police cette fois, avaient lieu sur d’autres campus concernés par le mouvement.

Derrière les cagoules, un professeur de droit, un doyen de la fac de droit, un colonel à la retraite, le chef d’un groupuscule identitaire, et de nombreux individus qui n’ont jamais été retrouvés. Lors du procès, le militaire avait expliqué sans complexe qu’il avait attaqué l’amphithéâtre parce que «l’État n’avait pas fait son devoir». Il souhaitait l’envoi de la police contre les étudiants et étudiantes. Le procureur lui avait alors répondu que «personne ne peut se substituer à l’État pour exercer des violences».

En termes plus clairs, le procureur a expliqué aux fascistes : «il n’y a pas de problème pour casser de l’étudiant gauchiste, mais vous auriez mieux fait de laisser faire la police, qui est plus performante en terme d’expulsion, de mutilations et de répression». On peut aussi interpréter cette phrase comme un conseil : «si vous voulez cogner des étudiants, rentrez plutôt dans la police».

Ce qui dérange l’État n’est pas l’action de la milice en tant que telle, mais que cette milice fasse trop bruyamment le travail de la milice légale en uniforme. Une position qui rappelle l’affaire Benalla : ce qui a fait scandale n’est pas le tabassage gratuit de manifestants, mais que ces manifestants aient été tabassés par un «faux» policier.

De leur côté, les étudiants qui avaient été agressés se sont désistés dès le premier jour du procès en dénonçant une mascarade de «justice partiale», responsable d’une enquête qui n’avait pas permis de poursuivre tous les membres du commando. Quand il s’agit d’enquêter sur l’extrême droite, la justice est beaucoup moins motivée que lorsqu’ils s’agit d’opposant.es politiques et de minorités.

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