Nantes : contre le recul des libertés, 14 juillet mobilisé


3000 personnes dans les rues de Nantes. Quelques grenades devant la Préfecture.


Lundi soir, Macron lançait une nouvelle vague d’annonces autoritaires affolantes : un traçage général de la population, des atteintes graves au droit du travail au nom de la vaccination obligatoire, des menaces contre les soignant-es et la création de plusieurs catégories de citoyen-nes, en plus de reculs sociaux majeurs sur les retraites, le tout sur fond d’état d’urgence sanitaire.

Il n’a pas fallu plus de 2 jours pour qu’une mobilisation s’organise depuis les réseaux sociaux. À Nantes, plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées aux cœur d’une ville en plein chantiers estivaux, en début d’après-midi. Après un départ en cortège, la manifestation comptera rapidement 3000 participant-es. Une foule hétérogène : Gilets Jaunes, habitué-es des contestations et nouveaux manifestants et manifestantes, enfants et personnes âgées. Un militant d’extrême-droite est évacué du défilé au début, et à priori il n’y aura pas de tentative de récupération fasciste de la manifestation. Nos reporters n’ont pas relevé de slogans “complotistes” mais essentiellement des mots d’ordre sur les libertés et contre le traçage.

Le défilé emprunte toutes les rues du centre-ville. Les autorités n’ont pas anticipé une telle affluence et il est possible de traverser tranquillement les places et les artères habituellement militarisées, aux cris de «Liberté», «Révolution», ou «le Pass ne passera pas», en plus des célèbres chants de ralliement Gilets Jaunes. Les Galeries Lafayette sont chahutées. Après un passage devant le CHU pour soutenir le personnel des hôpitaux, et le soutien de nombreux automobilistes et passant-es, plusieurs milliers de personnes se retrouvent devant la préfecture. Le préfet fait construire une enceinte de plusieurs mètres de haut pour protéger encore d’avantage son palais. Tout un symbole. La palissade qui entoure la préfecture est frappée en rythme par deux femmes, rejointes par des dizaines de personnes, puis commence à être démontée. Les agents, réfugiés dans les jardins du préfet, envoient des salves de grenades et tirent au canon à eau. C’est la BAC qui assure le maintien de l’ordre, cagoules sur le visage et canons de LBD en joue vers la foule. La situation stagne pendant plusieurs dizaines de minutes. Puis le défilé repart vers son point de départ.

L’affluence de cette mobilisation est importante pour un 14 juillet. À Nantes comme dans de nombreuses villes, des dizaines de milliers de personnes ont pris la rue contre les mesures liberticides du gouvernement, de façon spontanée et auto-organisée, sans le soutien des structures institutionnelles. Cela suffira-t-il pour ralentir le rouleau compresseur autoritaire qui avance inexorablement ? À suivre.

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