DARMANIN PROTÈGE LES POLICIERS QUI ONT ASPHYXIÉ CÉDRIC CHOUVIAT

Le 3 janvier 2020, Cédric Chouviat, père de famille de 42 ans mourait asphyxié sous le poids de plusieurs policiers, des suites d’une fracture du larynx. Depuis, la famille du défunt se bat pour obtenir justice. A commencer par la suspension des policiers impliqués.

Dans un courrier adressé à la famille de Cédric Chouviat, le ministre de l’intérieur refuse la suspension des agents, et se justifie ainsi : «les premiers éléments de l’enquête n’ont pu permettre d’établir que les fonctionnaires avaient commis, lors de l’interpellation de Monsieur Chouviat, un manquement à leurs obligations tel qu’il soit susceptible de justifier d’une mise à l’écart de leur service».
Pour le ministre de l’intérieur, le décès d’un homme à la suite d’un contrôle routier ne justifie pas la suspension de ses auteurs. Un mépris qui rappelle les propos de Gérald Darmanin, le 28 juillet 2020, devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, qui avait déclaré : «Quand j’entends le mot de violences policières, personnellement je m’étouffe.»

Pourtant, les premiers éléments de l’enquête sont accablants pour les fonctionnaires. Trois des quatre policiers sont d’ors et déjà mis en examen et placés sous contrôle judiciaire pour «homicide involontaire». Plaqué au sol, et alors qu’il s’asphyxiait sous le poids des policiers, Cédric Chouviat avait alertés à plus de sept reprises en leur criant aux policiers : «J’étouffe !»

Après avoir interpellé Cédric Chouviat en lui faisant une première clé d’étranglement, les policiers l’ont plaqué au sol, sur le ventre, encore casqué, et l’ont menotté. Puis trois des quatre policiers ont poursuivi leur pression sur son dos, l’un d’entre eux «semblait lui pratiquer un étranglement arrière à l’occasion duquel il avait, au moins une fois, exercé une traction sur sa gorge […] conduisant à une compromission momentanée de l’axe tête-cou-tronc».

Selon l’enquête, Cédric Chouviat, «allongé sur le ventre, évoque très rapidement sa détresse respiratoire» et répète à plusieurs reprises «J’étouffe». Il décèdera peu après.

Un an et demi ont passé, ces policiers sont toujours sur le terrain, et ne sont pas suspendus. Jusqu’à l’insoutenable, le pouvoir défend sa garde prétorienne. Cette protection de Darmanin à l’égard d’agents auteurs de violences filmées n’est pas sans rappeler la cérémonie de médailles récompensant les policiers les plus zélés dans la répression, en 2019.