⚓PLUS DE 20 000 MORTS EN MÉDITERRANÉE DEPUIS 6 ANS


Les frontières de l’Europe tuent : plus de 1000 morts en 6 mois


Ce week-end, l’association L’Autre Cantine Nantes qui vient en aide aux exilé-es, organisait un rassemblement marquant les esprits place royale. Des dizaines de gilets de sauvetages orange éparpillés sur le sol, symboles des vies perdues dans la mer Méditerranée. Une manifestation d’autant plus frappante qu’elle a été réalisée au pied du Neptune, œuvre éphémère du «voyage à Nantes», fier de célébrer un naufrage. Une vision Nantaise qui fait des drames une œuvre d’art.

Car depuis 6 mois, ce sont au moins 1000 personnes qui sont mortes noyées en tentant de rejoindre l’Europe, et plus de 20 000 depuis 6 ans. Ces chiffres sont bien évidemment sous-estimés. L’Europe dont la France, participe sciemment à ces drames de la mer. En avril dernier par exemple, un pêcheur libyen avait alerté sur un bateau en détresse avec 150 personnes à bord, hommes, femmes, enfants. Les associations de secours avaient alors désespérément relayé l’appel à l’aide à FRONTEX, l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, qui avait les moyens de les sauver. Mais l’Europe n’a pas bougé, hormis envoyer un avion de reconnaissance, 7 heures après, qui ne pouvait que constater la tragédie : tous et toutes sont mort-es noyé-es.

Et c’est loin d’être un cas isolé. L’Europe et les pays membres préfèrent envoyer délibérément des personnes à la mort plutôt que de faillir à ses frontières. Citons l’Italie, qui met toute son énergie pour poursuivre en justice des humanitaires, et la France qui interdit aux bateaux de SOS méditerranée d’accoster sur ses côtes… Nous sommes au comble de l’inhumanité. Le conseil européen a même voté une augmentation du budget pour la perméabilité des frontières à hauteur de 22,7 milliards d’euros dont 5,1 milliards d’euros directement pour FRONTEX, l’agence qui garde les frontières européennes !

Parallèlement, l’Autre Cantine et les associations de soutien aux exilé-es alertent sur les mesures d’expulsions de plus en plus fréquentes à l’encontre des étranger-es. Plus de 28.000 refus de demandes ou de renouvellement de titre de séjour ont été notifiés entre octobre 2020 et juin 2021 soit une hausse de 50%. Des personnes malades ou qui ont tout fait pour pouvoir rester en France et travailler se voient arrêtées, enfermées au centre de rétention et expulsées.

Ainsi, les préfectures n’hésitent pas à utiliser des formes illégales de démarches pour dissuader les exilés et leurs soutiens et gagner du temps pour permettre un renvoi à la frontière. Pire : avoir une maladie grave ne justifie même plus d’éviter une expulsion imminente. La préfecture de Nantes a par exemple osé conclure dans un refus de titre de séjour que «la Tuberculose n’est pas incompatible avec une expulsion» ou que «Les violences au Soudan ne sont pas assez caractérisées».

Dans la crise sociale et politique actuelle, les étranger-es sont les premières cibles de politiques libérales et nationalistes. Par exemple si le gouvernement a annoncé vouloir supprimer le remboursement du test PCR, c’est déjà le cas pour les personnes non-européennes avec l’AME ou en France depuis moins de 3 mois. Des personnes vulnérables, sans ou avec peu de ressources, vivant souvent en collectivité, qui n’accèdent pas au dépistage… et le gouvernement vient nous faire des leçons de santé publique ? Il existe une politique française et européenne clairement xénophobe, au mépris des vies humaines. La solidarité est notre arme !