Le Conseil Constitutionnel autorise l’usage de drones policiers


Vers une société de surveillance de masse ?


Nous y sommes. Il n’existe plus aucun garde-fou en France. Le mirage démocratique s’évanouit de jour en jour. Le ministre de l’Intérieur et le garde des sceaux voulaient imposer la surveillance de masse grâce à leur texte de loi «responsabilité pénale et sécurité intérieure», nouvelle batterie de mesures liberticides. Le texte adopté par le parlement le 18 novembre 2021, ré-autorisait l’utilisation de ces mouchards volants. Le conseil constitutionnel, sensé faire office de contre-pouvoir, devait statuer sur la légalité de tels dispositifs. Il a rendu sa décision sur la disposition du texte relative à l’usage de drones policiers. Et il a donné son feu vert ce 20 janvier 2022, alors qu’il vient aussi de valider le Pass Vaccinal.

Après pas moins de 4 interdictions en 2020, ces moyens de surveillance sont finalement autorisés. L’acharnement du gouvernement paie. Les flics pourront désormais les utiliser à loisir dans l’espace public. L’usage de ces engins était l’un des enjeux de la loi Sécurité Globale. Les prochaines années seront faites d’un ciel occupé. Quadrillé par ces oiseaux robotisés au service de l’ordre policier.

Le Conseil constitutionnel a également autorisé les caméras embarquées sur les véhicules de police et la vidéosurveillance des cellules de garde-à-vue. Il entérine un pas de plus dans le contrôle de masse permettant à l’État policier de resserrer ses griffes. De la société de surveillance à la société de contrôle.
À la faveur de la crise sanitaire et à force de tout accepter, à coup de démissions de notre camp social, la société sécuritaire s’est installée partout. Hors du travail et de la consommation, tout doit disparaître. Les dominants veulent rationaliser d’avantage chaque espace au service du Capital. Accumuler les profits jusqu’à la destruction totale de la planète et contenir les oppositions concrètes qui pourraient mettre à mal les logiques purement comptables du pouvoir économique et politique.

Pour ce faire, il faut éteindre les foyers de résistance. Les États du monde entier se dotent d’un arsenal techno-policier colossal. Les entreprises privées et les États vendent leurs technologies pour des sommes astronomiques. On ne compte plus les dispositifs de surveillance dans les métropoles. La plupart des gens ont baissé la garde face l’avancée de l’appareil techno-sécuritaire.

Des caméras de surveillance aux pass sanitaires qu’on installe dans les gestes du quotidien, des logiciels de reconnaissance faciale et de police prédictive aux drones policiers, ces dispositifs quadrillent l’espace public et surveillent de manière permanente les populations. De Hong Kong à Los Angeles. Paris, Londres, Moscou, pas une ville ne fait exception. Ils contrôlent chaque fait et geste des individus.

La France fait parti des bons élèves et le gouvernement Macron prend exemple sur la Chine. Le nec plus ultra en matière de société de contrôle se trouve du côté du gouvernement de Pékin. Le totalitarisme numérique de l’État chinois fait figure de proue. Bientôt 600 millions de caméras sur le territoire, reconnaissance faciale omniprésente, et crédit social – sorte de permis numérique citoyen qui récompense ou pénalise les habitant-es selon leur niveau de vertu. Un outil digne des pires dystopie qui peut vous disqualifier, vous déclasser. Faire de vous un-e indésirable, un-e paria.

Dans un documentaire d’Arte baptisé «Tous surveillés : 7 milliards de suspects», l’ingénieur chinois travaillant pour le parti avait fait cette terrible déclaration au journaliste venu l’interroger : «Si la France s’était dotée du crédit social, pas de gilets jaunes». Contre-attaquons avant que les gouvernants ne nous imposent le «meilleur des mondes», sans échappatoire.

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