Victoire dans la baie de Lannion contre l’extraction de sable


Une bonne nouvelle pour l’environnement


Le sable coquillier de la baie de Lannion

L’histoire se déroule dans le Trégor, superbe endroit situé au nord-ouest de la Bretagne, en bord de mer. Les décideurs souhaitaient extraire des quantités phénoménales de sable dans la baie de Lannion, destinées notamment à l’agriculture intensive. C’était une décision d’Emmanuel Macron lorsqu’il était ministre de l’économie : pomper 250.000 m3 par an de sable coquillier dans la baie. Au risque de détruire la biodiversité, menacer la pêche, entre deux zones classées «Natura 2000», c’est-à-dire des sites naturels ayant une forte valeur patrimoniale.

Depuis 10 ans, les habitants et habitantes de battent contre ce pillage. Un collectif baptisé «Le Peuple des Dunes» s’est constitué. Des manifestations massives ont eu lieu. Les marins se sont mobilisés. La Compagnie armoricaine de navigation – CAN – officialisait «l’arrêt définitif de ses travaux miniers sur la concession de pointe d’Armor» le 30 janvier, annonce faite par le député LREM des Côtes-d’Armor. «C’est une victoire un peu par K.O. parce que c’est eux qui abandonnent» expliquait le président du «Peuple des Dunes». La lutte paie.

C’est une question méconnue, mais il pourrait bientôt y avoir une pénurie mondiale de sable. L’industrie utilise massivement ce bien commun dans de nombreux secteurs. Celui qui consomme le plus de sable est la construction : les deux tiers de ce qui est construit est en béton armé, le béton armé est constitué lui-même de deux tiers de sable. Cela représente des volumes astronomiques : 200 tonnes pour une maison individuelle, 30 000 tonnes pour un bâtiment de la taille d’un hôpital. Et l’on construit toujours plus ! La Chine en 4 années a consommé autant de sable que les Etats-Unis en un siècle. L’humanité extrait 50 milliards de tonnes de sable et granulats par an. Dans cette croissance devenue folle, y a même un risque de pénurie : les écosystèmes marins sont affectés, et certains côtes sont menacées d’érosion. Il y a même des «mafias du sable» liées à l’industrie de la construction. Le désastre capitaliste est partout.

La victoire de la baie de Lannion s’inscrit dans un territoire riche en lutte : la Bretagne. Ces dernières années, des mobilisations massives et déterminées ont empêché le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le centre Amazon géant au sud de Nantes, un Surf Park, mais aussi avant, des centrales nucléaires à Plogoff ou au Carnet. Une constellation de combats victorieux. L’appétit des décideurs n’a aucune limite, mais il est encore possible de les arrêter.


Source : https://www.humanite.fr/planete/baie-de-lannion-le-projet-dextraction-ensable-736647

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