Un point sur les luttes sociales en Loire-Atlantique

Deux photos des travailleurs et travailleuses en lutte dans le 44.

Grève reconductible chez Tipiak : «Nos produits sont à croquer, nos salaires sont à gerber».

En ce moment en Loire-Atlantique, les ouvriers et ouvrières du groupe agroalimentaire Tipiak se battent pour un meilleur salaire. La direction proposait une hausse de 1,8% de leur rémunération. Une «offre» que les travailleurs et travailleuses du groupe ont refusé net tellement celle-ci résonnait comme un crachat au visage. C’est dans la zone aéroportuaire en périphérie de Nantes que la grève a démarré, dans l’entrepôt de Saint-Aignan-de-Grand-Lieu, depuis le 26 janvier 2022. Rapidement d’autres sites ont été mis à l’arrêt. Saint-Herblain, Pontchâteau, Malville : la grève a essaimé comme une traînée de poudre. La production du groupe est paralysée. Et la bataille ne fait que commencer.

Les salarié-es majoritairement précarisé-es sont en grève reconductible. À Saint-Aignan, on compte jusqu’à 90% de grévistes. Le délégué CGT du site explique : «Quand on voit ce que nos actionnaires et nos dirigeants se mettent dans les poches depuis deux ans, il y a un moment il faut dire stop. Encore cette année, sur le groupe, c’est plus 6% de chiffre d’affaire. C’est la première fois de l’histoire du groupe qu’on dépasse les 200 millions d’euros de chiffre d’affaire, donc oui, il y a largement de quoi donner aux ouvriers. C’est légitime par rapport aux efforts qui ont été faits ces deux dernières années».

Des bénéfices records pendant que les 1300 salarié-es du groupe se serrent la ceinture. Aujourd’hui les négociations sont au point mort, ce qui n’entame pas la détermination des grévistes. Bien au contraire, le bras de fer est parti pour durer.

Dans une période d’explosion des prix généralisée, après deux années durant lesquelles les riches se sont gavés sur le dos de la crise sanitaire, la grève doit être un outil de lutte salutaire pour faire rompre les patrons. Multiplions-les partout.

Parce que tout travail mérite salaire !

Plus à l’Ouest, sur le bassin de l’estuaire à quelques kilomètres de Saint-Nazaire, une autre lutte pour les salaires se joue. Cette fois-ci c’est à la raffinerie de Donges, propriété du groupe Total que se déroule la contestation. Les travailleurs de l’entreprise CIPA sont en grève depuis le 31 janvier. Depuis plusieurs mois, ces ouvriers étrangers ne sont plus payés. En clair, ils travaillent gratuitement. Exploitation et spoliation à l’état brut. Ils viennent de Roumanie mais aussi d’Italie et effectuent pourtant des travaux de terrassement de la nouvelle unité de désulfuration à la raffinerie de Donges pour une entreprise sous-traitante de Total, la société Kinetics Technology.

Les travailleurs étrangers sont fortement mobilisés. Piquet de grève et envahissement des sièges de la CIPA et TOTAL font partie des modes d’action. Le 2 février, 60 ouvriers en grève ont envahi le siège de la direction de TOTAL ÉNERGIES en compagnie de leurs camarades syndicalistes. La section CGT de la raffinerie apporte son soutien logistique et matériel aux grévistes. La solidarité de la classe ouvrière internationale en acte. Les revendications sont limpides : paiement des jours travaillés, du retour au pays et des frais de vie sur place. L’exploitation et le vol du groupe TOTAL et de ses sous-traitants sont injustifiables. Ce 8 février, les grévistes ont obtenu des garanties de recevoir leurs salaires de décembre et janvier. De haute lutte. Ils ont levé le piquet de grève.


Le patronat ne comprend qu’un langage : celui de la grève et du sabotage. Soutien aux travailleurs et travailleuses en lutte.


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