Des centaines de personnes à l’appel du Groupe Antifasciste Lyon et Environ (GALE) menacé de dissolution
Depuis des années, le Groupe Antifasciste Lyon et Environ – GALE – mène une résistance indispensable : communication sur l’extrême droite et la répression, mobilisations contre le racisme, relais d’actions. Tout cela dans une ville marquée par une forte présence de groupes néo-fascistes, responsables d’un nombre incalculables d’agressions à Lyon ces dernières années.
Dans cette ville, des groupes d’extrême droite radicale ont des locaux avec pignon sur rue, s’entraînent au combat, et passent à l’acte. C’est pourtant le GALE qui est aujourd’hui menacé de dissolution. Sur fond de campagne électorale réactionnaire, le gouvernement Macron accuse le groupe de «légitimer le recours à la violence» contre l’extrême droite et d’appeler à la haine envers la police à travers des publications Facebook. De la censure pure et simple.
Le ministère de l’Intérieur s’appuie sur la «Loi Séparatisme» votée sous le mandat de Macron, avec le soutien des élus d’extrême droite. Cette loi a déjà permis de dissoudre plusieurs organisations musulmanes, mais aussi plus récemment des associations de soutien à la Palestine, accusées de «propager la haine» parce qu’elles s’opposent au colonialisme.
Le pouvoir reproche aussi à la GALE d’avoir «appelé» à des événements publics, notamment contre le Front national et le Groupe union défense, en réaction à la mort de Rémi Fraisse tué par un gendarme en 2014, ou suite à l’attaque d’une librairie par des néo-fascistes. Non seulement la situation est grave et les attaques contre nos mouvements, nos lieux et nos corps sont de plus en plus terribles, mais le pouvoir veut interdire la possibilité même d’y réagir.
Avec la dissolution de la GALE, le projet est clair : supprimer nos moyens de communiquer, de se mobiliser, de se défendre. C’est le même projet qui motivait la dissolution de Nantes Révoltée. Sans suite pour le moment. Il y a néanmoins fort à parier qu’en cas de reconduction du Régime de Macron, le projet d’élimination de notre média soit relancé.
Samedi 26 mars, une manifestation haute en couleur avait lieu à Lyon. À l’appel de la GALE et d’autres organisations : la marche contre les dissolutions, contre le fascisme et contre le sionisme a réuni des centaines de personnes, au milieu de fumigènes de couleurs vives. Malgré les provocations policières, le défilé s’est déroulé sans encombres. Une démonstration de solidarité salutaire.
La procédure de dissolution de la GALE est la première à viser un groupe militant depuis la dissolution d’Action directe en 1982, qui pratiquait la lutte armée. Si la procédure allait jusqu’à son terme, la GALE deviendrait le premier groupe antifasciste dissous en France et la première organisation d’extrême gauche dissoute depuis quarante ans.
Facebook : Groupe Antifasciste Lyon et Environs
Images : adrien.arbl julien.gallifet climblikel gegen_oben
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