AGRO-INDUSTRIELS EMPOISONNEURS

La question alimentaire n’a quasiment pas été abordée durant la campagne. Pourtant, l’actualité est criante ces derniers jours : une usine de pizzas industrielles est responsable de l’empoisonnement de dizaines d’enfants, gravement touchés, dont plusieurs sont décédés ou garderont des séquelles à vie. Des fromages industriels contaminés par une bactérie mortelle. Une multinationale du chocolat qui rappelle ses produits après des intoxications d’enfants. Cet enchaînement de scandales traduit un problème de fond : la course au profit des agro-industriels met nos vies en danger.

Les ravages de la malbouffe et les risques de l’agro-industrie sont rarement évoqués. Et les responsables sont encore plus rarement dénoncés. Par exemple, Nestlé, propriétaire de Buitoni qui vend des pizzas qui tuent des enfants, était déjà mis en cause dans une affaire de lait pour bébés toxique il y a deux ans. Les scandales passent, l’oubli fait son œuvre.

Au-delà de ces cas extrêmes, les produits transformés tuent à petit feu. L’OMS parle d’une épidémie d’obésité. En France, près d’une personne sur deux (47,3 %) «est déjà en situation de surpoids et/ou d’obésité», et 34 % des enfants de 2 à 7 ans sont en surpoids. Les modes de vies sont en cause, mais aussi ces produits remplis d’additifs, de sucres, destinés à rendre accro, et qui appauvrissent notre flore intestinale. Aux USA, c’est déjà un problème de santé majeur, et la France suit le même chemin.

Un autre rapport pointait l’explosion du nombre de personnes diabétiques. Le nombre d’adultes souffrant de cette maladie chronique est passé de 108 millions en 1980 à 422 millions en 2014, soit 8,5% de la population mondiale. Quasiment 4 millions de morts par an sont liées au diabète. C’est l’une des premières causes de mortalité. La nourriture joue aussi un rôle important dans la maladie du siècle : le cancer.

L’industrie agroalimentaire est aussi un désastre pour l’environnement. Sols remplis de pesticides, animaux torturés dans des fermes usines, rivières polluées par les rejets, notamment par les entreprises laitières. Pour couronner le tout, l’élevage industriel provoque des épidémies qui peuvent devenir incontrôlables ! Tout est lié.

Les travailleurs et travailleuses aussi souffrent : ce sont des métiers éprouvant, parfois dangereux, mal payés. Tout cela pour le profit de quelques uns. À l’autre bout de la chaîne alimentaire, les riches ont d’ailleurs les moyens de s’acheter de bons aliments, bio et équilibrés.

Plutôt que de polémiquer sur les plats végétariens dans les cantines – une mesure nécessaire mais insuffisante – ou parler de viande dans les discours politiques, il y a urgence à nous réapproprier les moyens de produire notre nourriture, à soutenir les petits paysans, à permettre à toutes les personnes de préserver leur corps et leur santé.