Le non débat, épilogue d’une non campagne


Pathétique spectacle pour de duo entre le stagiaire de Mc Kinsey et l’héritière fasciste


Résumé du débat

Du jamais vu depuis 1965, époque de diffusion de la télévision dans les foyers. Le «débat» d’entre-deux tours organisé hier soir a réalisé la plus mauvaise audience pour un duel présidentiel : 15,6 millions toutes chaînes confondues, contre 16,5 en 2017, et bien davantage 5 ans plus tôt. En clair, personne ne veut du remake imposé, ce mauvais film écrit par les médias.

Il n’y a pas eu de campagne. Ni Macron ni Le Pen n’ont pris la peine d’intervenir, d’organiser de meetings, de subir la moindre contradiction. Tout juste quelques mises en scène verrouillées. Pourquoi se seraient-ils fatigués ? Les deux candidats étaient sélectionnés d’office. Depuis 5 ans les médias des milliardaires annonçaient l’affiche finale. Leur affiche. Celle choisie par les ultra-riche. Et depuis 5 ans, ces médias ont tout fait pour que le scénario se réalise. En s’aplatissant devant le pouvoir en place, en relayant ses mensonges, et en surmédiatisant l’extrême droite, en popularisant ses thèmes, en banalisant ses représentants.

S’il n’y a pas eu de campagne, il n’y a pas non plus de confrontation d’entre-deux tours. Un échange plat, à la fois fade et courtois, d’une durée interminable de trois heures. L’extrême droite et la droite extrême ont exécuté leur danse macabre sans passion.

Aucun échange de fond. Pas un mot sur le racisme de Le Pen, ni son héritage fasciste, alors que son parti a été fondé par des nostalgiques de Pétain et d’Hitler. Macron n’a jamais attaqué celle qui lui donnait la réplique, parachevant sa dédiabolisation totale. Et de l’autre côté, Le Pen n’a pas non plus attaqué Macron, alors que son bilan catastrophique lui offrait des prises innombrables. Une médiocrité telle qu’elle ne s’est même pas saisie du récent scandale Mc Kinsey. En réalité, il s’agissait d’un duo complice. Il était écrit depuis 5 ans. Il a eu lieu.

L’arrogance absolue de Macron, sa façon de répéter ces derniers jours qu’il sera élu par un vote «d’adhésion» à son programme néolibéral et autoritaire montre le sentiment de toute puissance du pouvoir en place. Il semble déjà certain de sa victoire. Le regard dans le vide du président-candidat lors du show télévisé donnait l’impression qu’il imaginait déjà l’après : comment, dès l’élection passée, il compte nous massacrer.

Avant le premier tour, un sondage évaluait que 80% des français et françaises ne voulaient pas d’un second tour Macron-LePen. Depuis le 10 avril, les enquêtes affirment que la population ne veut ni de Macron ni de Le Pen au pouvoir ces prochaines années. Les deux sont globalement détestés. La personne élue dimanche sera celle qui suscite un peu moins de répulsion que l’autre.


La mascarade démocratique est à bout de souffle. La politique se jouera ailleurs. Collectivement.


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