En Marche au garde-à-vous : militarisme à tout-va

Même Pétain ne l’avait pas fait. Le secrétariat à la jeunesse est désormais sous la co-tutelle du ministère de l’Éducation et de celui des Armées, une première dans l’histoire du pays. Dans la droite ligne de l’instauration du Service National Universel, le macronisme poursuit son approche martiale de la gestion de la jeunesse, à genou contre un mur ou au garde-à-vous devant le drapeau.

Pour s’occuper de tout cela c’est le retour de Sarah El Haïry, celle qui déclarait : «Moi ce qui m’effraie encore plus que Zemmour, ce sont les discours intersectionnels du moment». Elle a le mérite de la clarté, plutôt un multi-condamné pétainiste que la lutte contre les oppressions systémiques, avec elle la jeunesse est entre de bonnes mains, dormez tranquilles. En 2020, Sarah El Haïry se déplaçait à Poitiers pour parler à des lycéens des «valeurs républicaines». Les jeunes lui parlent des violences policières. Elle répond : «il faut aimer la police. Elle ne peut pas être raciste, car elle est républicaine». La séance vire au malaise général tant l’envoyée de Macron semble illuminée et incapable de répondre aux questions. Pour se venger, Sarah El Haïry demande l’inspection de l’association qui organisait ce «débat» : représentatif d’un pouvoir fébrile qui ne connaît que la répression face aux contradictions.

Si cette co-tutelle reste symbolique et ne concerne que le SNU, le militarisme est bel est bien En Marche. Le ministre des Armées a annoncé que le budget de la défense allait augmenter de trois milliards d’euros en 2023, autant d’opportunités pour l’industrie de l’armement. Alors que la France y consacre déjà 44 milliards d’euros par an, la macronie surfe sur la guerre en Ukraine pour accroître un poste de dépense qui va engraisser des secteurs polluants et leurs actionnaires.

Ce dont nous avons besoin c’est d’investir dans l’éducation, la santé et dans un changement de modèle énergétique, pas de déverser chaque année toujours plus fric dans l’économie de la mort. Le climat s’en chargera, de toute façon, bien assez tôt si nous ne faisons rien.

Sébastien Lecornu, actuel ministre des Armées, technocrate opportuniste, tantôt secrétaire d’État sous Hulot, ministres des collectivités territoriales ou des outre-mer, est un plot parfait de la Cour de Macron. On peut compter sur celui qui était d’abord élu de l’Eure sous l’étiquette LR, et qui d’ailleurs fait l’objet d’une enquête pour prise illégale d’intérêt lors de ce mandat, pour suivre à la lettre les délires militaristes de son président.

En-dehors de la France, c’est tout le continent qui s’engouffre dans la surenchère militaire. L’Allemagne déclare vouloir se doter de la première armée conventionnelle d’Europe et débloque des crédits faramineux, le Royaume-Uni annonce que son budget militaire atteindra bientôt les 2,5% du PIB, la Belgique et la Pologne plaident pour sortir les dépenses militaires des règles européennes d’austérité, ou encore la Suède et la Finlande qui cèdent à toutes les exigences de la Turquie, notamment en matière de vente d’armements.

Pour la première fois de l’histoire, à l’échelle de la planète, les dépenses militaires ont dépassé les 2000 milliards d’euros. Des dérives fascistoïdes un peu partout, des armées toujours plus importantes, le décor est planté.

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