Darmanin : une honte nationale

Mercredi dernier des policiers recevaient des coups à Lyon lors d’une interpellation. Comme à chaque fois que des policiers sont bousculés, l’intégralité des médias interrompt tout traitement de l’actualité pour faire tourner en boucle la propagande sécuritaire. Les interventions racistes et répressives s’enchaînent sur les plateaux. Télé Vichy au quotidien. S’il fallait interrompre les programmes à chaque fois que la police commet des violences, souvent infiniment plus grave, il n’y aurait plus que cela sur les écrans.

Dans la foulée un jeune homme est arrêté par la police. Le Ministre de l’Intérieur se vante immédiatement de l’interpellation d’un «délinquant étranger» et précise que sur son «intervention, il sera expulsé». C’est un clin d’œil appuyé à l’extrême droite, qui réclame depuis toujours la double peine pour les étrangers : en cas de délit, une sanction pénale et une expulsion. La peine judiciaire ne suffit pas.

Le lendemain, l’homme arrêté est mis hors de cause. Mais Darmanin persiste. Même innocent, il sera expulsé car selon le ministre «cet individu n’a rien à faire dans notre pays». Le premier flic de France prend plus de précautions avec la «présomption d’innocence» lorsqu’il est lui même mis en cause pour viol, ou lorsque ses amis sont visés par des enquêtes.

Dans cette affaire, Darmanin est donc policier, enquêteur, procureur, juge du siège, juge des libertés et de la détention et juge administratif. La séparation des pouvoirs ? Un truc dépassé. Les droits de l’Homme ? De quoi ?

Cet épisode montre à nouveau à quel point le régime a atteint le sommet de l’ignominie. Arrêter un innocent, annoncer qu’il est étranger et qu’il sera expulsé, et une fois officiellement innocenté dire tranquillement : «On s’en fout on va l’expulser quand même».


Quelle serait la différence avec une présidence Lepéniste ? Probablement inexistante, ou presque.


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