Régime hybride : l’extrême droite aux postes de pouvoir stratégiques

? Cette semaine, pour la toute première fois, le Rassemblement National a obtenu un siège à la délégation au renseignement. C’est LREM qui a propulsé l’extrême droite à ce poste. La présidente de l’Assemblée Nationale, Yaël Braun-Pivet, a désigné une députée RN pour occuper le seul poste réservé à l’opposition. La délégation au renseignement est un poste très stratégique : elle contrôle la police politique, celle qui surveille les opposants, distribue des fiches S, place sur écoute, mène des opérations de barbouzes, désigne qui est «terroriste» et qui ne l’est pas… L’extrême droite partagera avec LREM cette délégation. C’est un signal de plus montrant que les services de renseignement iront toujours plus loin contre les luttes sociales et les minorités, et continueront de couvrir les violences néo-fascistes qui se multiplient. Cette délégation «exerce le contrôle de l’action du gouvernement en matière de renseignement». Le RN ne s’opposera évidemment pas aux pratiques liberticides et aux basses œuvres de la macronie, elle les durcira même sans doute.

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? Moins grave, mais significatif, le député RN du Var, Frank Giletti est nommé «rapporteur du budget de l’armée de l’air». Stratégique, en période de montée des tensions géopolitique et de militarisation généralisée. C’est donc cette figure bien connue du RN, qui était en charge des questions liées à la défense dans le programme politique de Marine Le Pen durant la campagne, qui aura la main sur le budget d’une partie de l’armée française.

? Au sein de la Cour de Justice de la République, deux députés RN font leur entrée. De quoi s’agit-il ? Une «juridiction française d’exception compétente pour juger les crimes ou délits commis par les membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions». Elle est composée de douze parlementaires – dont six députés et six sénateurs – et trois magistrats. L’extrême droite fait donc son entrée dans cette institution sensible, à cause de son poids au Parlement.

? Les macronistes ont aussi fait élire deux vice-présidents d’extrême droite pour l’Assemblée Nationale il y a quelques semaines. Ce qui a permis au RN de présider les débats parlementaires lors d’absence de la présidente LREM. Et ce n’est qu’un début…

La France est dirigée par une coalition d’extrême droite allant de Macron à Le Pen, qui place les héritiers d’un parti fasciste aux postes clé du renseignement, de l’armée, de la justice. Alors que, plus généralement, les médias de masse sont possédés par des milliardaires néolibéraux ou d’extrême droite, et que les contre-pouvoirs fondent comme neige au soleil. Ces prochains mois devront voir fédérer de solides résistances, au risque de passer pour de bon dans un régime obscur et hybride.