Qui est Grégoire de Fournas, le député raciste ?


Supporter de la répression, élu député grâce à LREM, auteur de messages xénophobes, exploiteur d’immigrés…


En juin 2022, l’extrême droite faisait une entrée fracassante à l’Assemblée Nationale avec 89 députés. Du jamais vu depuis la Libération. Il faut dire que pendant toute la campagne législative, les médias et le clan Macron ont concentré toutes leurs attaques à la coalition de gauche, ouvrant la voie au parti de Marine Le Pen.

Parmi ces députés, Frédéric Boccaletti, élu dans le Var, déjà condamné pour violences avec arme après avoir utilisé un pistolet lors d’un collage d’affiches, et fondateur d’une librairie négationniste, parmi d’autres ayant eu affaire à la justice. Il y a aussi, dans le lot, Grégoire de Fournas. Celui qui a crié «retourne en Afrique» au député noir Carlos Bilongo, à l’Assemblée Nationale le 3 novembre. Quel est son pedigree ?

Le trentenaire, père de 5 enfants, a hérité du vignoble de son papa dans le Sud-Ouest. Il rentre au Front National en 2011. En 2014, il soutient Anne-Sophie Leclere, ancienne candidate du Front National condamnée pour avoir comparé Christiane Taubira à une guenon. À l’époque, cette raciste a été exclue du FN tellement elle était indéfendable.

Grégoire de Fournas est un fervent partisan de la chasse. Il est aussi lié aux «franges les plus racistes et antisémites de son audience sur sa page Facebook» écrit le média Rue 89. Le 17 octobre 2016, il fait campagne contre l’accueil de jeunes mineurs isolés issus de la jungle de Calais dans son département. Deux ans après, il manifeste de nouveau contre un centre d’accueil avec la banderole «Clandestin aujourd’hui terroriste demain ?» Sur Twitter, le politicien Fournas multiplie les messages racistes, appelant à expulser «les maliens» et «les algériens», ou faisant des «blagues» sur les noirs.

En 2017 Grégoire de Fournas perd aux législatives dans sa circonscription, il n’est même pas qualifié au second tour. Macron va gouverner pendant 5 ans, provoquant une hausse phénoménale de l’extrême droite. En 2022, Grégoire de Fournas se hisse au second tour des législatives, sur fond d’abstention record, face à un candidat de la NUPES. Il n’y a pas de «front républicain» : la candidate macroniste ne donne pas de consigne de vote entre la gauche et l’extrême droite. Grégoire de Fournas l’emporte, grâce à LREM.

Dans sa commune de Pauillac, le maire de la ville, pourtant issu de la droite, ne l’aime pas trop. «Il se prétend défenseur du Médoc contre l’immigration, dit préférer l’emploi local et être vent debout contre les prestataires viticoles, mais lorsque que vous avez le dos tourné, Monsieur de Fournas utilise de la main-d’œuvre étrangère à bas prix, qu’elle soit roumaine ou portugaise. Quand il est pris la main dans le pot de confiture, sa seule excuse est que ”c’est exceptionnel ”!» Un exemple du patronat raciste, qui exploite la main d’œuvre immigrée et précaire tout en réclamant plus d’expulsions.

Ironie du calendrier, il y a quelques jours Grégoire de Fournas était à Sainte-Soline. Mais pas pour manifester contre les méga-bassines et défendre l’eau et la nature. Non, le député d’extrême droite était aux côtés des gendarmes. Il s’est fait photographier avec les forces de l’ordre pour leur témoigner «son soutien», pendant que les écologistes recevaient des centaines de grenades. On notera la complicité désormais habituelle entre l’extrême droite et les forces de l’ordre.

Patron raciste et exploiteur, élu grâce au macronisme, du côté de la répression et même derrière les lignes de gendarmes il y a encore quelques jours. La boucle est bouclée : un aperçu du Rassemblement National.