Demi-finale : attaques fascistes en série


Pendant des jours, l’extrême droite française et ses puissants médias ont tenté de transformer le match entre la France et le Maroc en «choc des civilisations», annonçant des batailles de rue, des «exactions» voire une guerre civile entre le monde musulman et les français. En réalité, des scènes de liesses partagées entre supporters des deux équipes ont eu lieu partout. Et dans les grandes villes, ce sont les fascistes qui ont amené la violence et fait couler le sang. Tour de France :


LYON

Dans la ville devenue un bastion néo-nazi à cause de pouvoirs publics complaisants, des dizaines de militants d’extrême droite sont partis de leurs locaux dans le vieux Lyon pour organiser des attaques. Des «individus cagoulés» ont roué de coups «des passants d’origine maghrébine» en hurlant «Bleu, blanc, rouge, la France aux Français» explique le média Lyon Mag. Organisées, prêtes à la confrontation, ces milices ont provoqué de sérieux affrontements de rue, dans une impunité quasi-totale. Des antifascistes présents sur place expliquent : «Nous sommes témoins d’une alliance entre fascistes et flics, main dans la main. Les fafs ont attaqué à 80 des supporters Marocain, quand la foule a essayé de les charger les flics ont tiré au flashball», causant plusieurs blessés du côté de la foule agressée par l’extrême droite.

PARIS

Plusieurs dizaines de militants d’extrême-droite armés s’étaient préparés pour commettre un raid raciste et fasciste sur les Champs-Élysées. Des policiers, intrigués par ce groupe d’hommes cagoulés, les a contrôlés et a découvert «des armes comme des poings américains ou des clés à molette» et des armes blanches. Ils étaient donc là pour blesser gravement voire assassiner des personnes d’origine maghrébine. Le Parisien explique que 15 d’entre eux sont fichés S pour leur appartenance à des groupes néo-nazis ultra-violents, dont certains sont allés combattre sur des terrains de guerre, comme en Ukraine.

MONTPELLIER

Au matin du match, des militants d’extrême droite ont agressé des membres d’un collectif antifasciste croisé dans la rue. Le soir, plusieurs dizaines de néo-nazis ont attaqué les supporters festoyant sur la Place de la Comédie, dans le centre ville, en tirant des feux d’artifice et des fumigène sur la foule. Plusieurs blessés ont été dénombrés. Dans cette ville, des groupuscules néo-fascistes se réorganisent et gagnent en puissance ces dernières années. Le même soir, dans le quartier populaire de la Paillade, un supporter français a renversé un adolescent de 14 ans en voiture avant de prendre la fuite. L’enfant est décédé.

STRASBOURG

Des hooligans néo-nazis annonçaient des attaques de supporters du Maroc. Ils ont finalement défilé avec des drapeaux néo-nazis et fascistes, en toute impunité.

NICE

Dans la ville de Christian Estrosi, remplie de caméras de surveillance, un imposant cortège de militants d’extrême droite cagoulés a chargé les supporters marocains isolés dans les rues, provoquant des mouvements de foule et des troubles importants. Il s’agissait de groupes identitaires. Sur les réseaux néo-nazis, plusieurs vidéos ont revendiqué cette émeute raciste.

ANNNECY

Dans la petite ville des Alpes, les fascistes revendiquent des attaques anti-marocains. La presse locale parle d’hommes caucasiens cagoulés venus en découdre.

POITIERS

À Poitiers aussi des milices fascistes se sont organisées pour faire la chasse aux supporters marocains. Ils ont rencontré la résistance de militants antifascistes.

NANTES

Une dizaine de militants d’extrême droite a arpenté le centre-ville à la recherche de violence. Ils ont été repoussés une première fois dans le quartier Bouffay, avant de revenir attaquer des individus isolés.


Ce qui s’est passé est grave : les milices racistes se coordonnent désormais à l’échelle nationale et s’organisent pour provoquer la guerre raciale qu’ils fantasment tant. Ces attaques synchronisées, dans une dizaine de villes, sont soit passées sous silence, soit minimisées dans les médias et la classe politique. Plus grave, ces milices ont désormais des relais à l’Assemblée, avec 89 députés d’extrême droite et d’importants médias télévisuels et sur internet, en plus de moyens financiers.

Ces violences, qui font écho aux logiques pogromistes des nazis ou aux massacres anti-arabes de l’époque coloniale, ne sont pas des débordements ou des incidents, mais le résultat d’un matraquage médiatique et politique qui donne aux racistes l’autorisation implicite d’attaquer. Le résultat également d’une structuration globale des groupes fascistes. Les institutions ont fait leur choix et n’ont aucune intention de freiner la violence d’extrême droite, seul un réseau antifasciste dense et déterminé peut faire reculer l’obscurité.

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