Retraites : le gouvernement félicite notre docilité collective


«Rien à foutre». C’est en substance ce que tous les membres du gouvernement répètent dans les médias depuis jeudi, suite à la grève historique avec 2 millions de personnes dans la rue. Pire, le pouvoir félicite même la gentillesse de cette première mobilisation, tout en accélérant sa réforme.


Visuel de Borne avec des citations de membres du gouvernement considérant que la mobilisation était bien ordonnée et responsable.

➡️ Dès jeudi, la Première Ministre «saluait» les organisations syndicales pour le calme des manifestations.

➡️ Le ministre Gabriel Attal a fait de même ce week-end à la télévision, en félicitant une mobilisation «responsable» grâce aux «services d’ordre des syndicats». Quand un régime de managers irresponsables au service d’ultra-riches nous trouve «responsables », c’est inquiétant.

➡️ Olivier Véran, porte-parole du gouvernement, a même craché au visage des millions de personnes en lutte. Il a déclaré «il y aurait eu 700.000 ou 1.300.000 de personnes, ça ne change pas les choses». Traduction : il peut même y avoir 10 millions de manifestant-es, si cela consiste en une marche bien cadrée chaque semaine, on est tranquilles.

➡️ Ces paroles se traduisent en actes. Dès demain lundi 23 janvier, le gouvernement présente sa réforme des retraites en Conseil des ministres. Et il veut aller très vite. Plusieurs journaux, rapportant la parole de ministres, expliquent que Macron compte sur «l’érosion de la mobilisation» et la «lassitude». Un ministre a même déclaré : «On demande aux gens de travailler deux ans de plus, on ne s’attendait pas à être accueillis avec des fleurs». En clair, ils savaient qu’il y aurait une forte mobilisation, mais cela ne leur fait pas peur.

➡️ Il n’y a donc pas besoin d’être de grands stratèges pour comprendre dans un combat que quand l’ennemi nous félicite, c’est mauvais signe. Et si on prenait le contre-pied de ce que dit le gouvernement ? Arrêter d’être sages et discipliné-es, ne pas faire ce qu’ils attendent de nous, essayer de ne pas reproduire les mouvement perdants des dernières années. Ceux qui consistaient à faire des «journées» séparées d’une semaine, pendant des mois, sans rien obtenir. Tout cela, le gouvernement s’en moque. En revanche, les médias et le pouvoir s’étranglent quand il s’agit de coupures de courant, de pénurie de carburant ou de paralysie de l’économie. C’est bon signe. De même, ils sont terrifiés par les modes opératoires des Gilets Jaunes : des blocages, des occupations, des manifestations très énervées dans les beaux quartiers et devant les lieux de pouvoir.

Écoutons l’ennemi, il nous explique la marche à suivre.

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