Nantes, 21 janvier : manifestation étouffée par la police

Les hôpitaux manquent de soignant-es, les écoles d’enseignant-es, mais les effectifs de police n’ont jamais été aussi nombreux et armés. Il suffisait de mettre un pied dehors samedi 21 janvier à Nantes pour s’en rendre compte.

À l’initiative de Gilets Jaunes, une marche contre la casse des retraites et la hausse des prix devait avoir lieu ce samedi. C’était l’occasion de ne pas laisser retomber la pression suite à la grève massive du 19 janvier, en attendant la prochaine journée d’action nationale. Mais sur le point de départ, sur la Place Bretagne, un énorme dispositif de CRS et d’agents en civil cernait la zone, contrôlait tout ce qui bouge, et intimidait les participant-es. Avant même le départ, 3 personnes étaient déjà arrêtées et mises en garde à vue.

Le cortège de quelques centaines de personnes s’est élancé sous le soleil derrière une banderole du collectif Black Lines, mais il n’a pas réellement pu manifester. Car défiler dans une nasse, entouré d’hommes armés plus nombreux que les manifestant-es, isolé hermétiquement du reste de l’espace public, n’est pas une liberté. Malgré tout, des slogans ont fusé le long des artères, jusqu’à ce que le dispositif bloque le cortège devant le Chateau des Ducs, et menace de gazer. Comme ça, pour rien. Coup de pression.

La manifestation a été escortée jusqu’au sud de Nantes, seul lieu où le commissaire chargé du maintien de l’ordre autorisait l’arrivée. Le motif ? Manif non déclarée. Sauf qu’aucune manifestation n’est déclarée depuis les années 1950 à Nantes. Pas même par les syndicats. À l’arrivée, il y avait quasiment deux CRS par manifestant, et une longue file de fourgons, gyrophares allumés, plus long que le cortège lui même ! Les forces de l’ordre ont donc bien davantage perturbé la circulation que le cortège en lui-même : c’était une manifestation policière. Une vision dystopique et un sentiment d’impuissance. Deux autres personnes ont été arrêtées après la dispersion.

Une fois écartées de la ville, les personnes prises en otage par la police ont pu sortir de la nasse et tenir une courte Assemblée Générale. Des interrogations sur l’absence de mouvement prolongé ont été exprimées, et sur le contraste après la marée humaine du jeudi. Mais l’état d’esprit restait combatif : le rapport de force ne fait que commencer, et les prochaines dates de mobilisations seront décisives. Des liens se construisent. Organisons-nous !

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