🔮 Dijon : des camĂ©ras policiĂšres illĂ©gales pour surveiller les lieux militants


Explications et appel Ă  lutter contre la surveillance


Photo d'une caméra de surveillance cachée dans un poteau électrique à Dijon

Les personnes qui militent Ă  Dijon et des alentours connaissent ces lieux : Les Tanneries et le quartier des LentillĂšres, oĂč ont lieu des rencontres, des fĂȘtes, des expĂ©rimentations sociales et Ă©cologistes en Bourgogne. RĂ©cemment, des dispositifs de surveillance, illĂ©gaux et dissimulĂ©s, ont Ă©tĂ© dĂ©couverts prĂšs de ces endroits, installĂ©s par la police pour filmer les allers et venues. Combien de dispositifs similaires prĂšs des espaces contestataires ? Dans combien d’autres villes ? Combien de barbouzeries, d’espionnages, d’intimidations ?

Voici le communiqué diffusé par Les Tanneries, une explication sur ces dispositifs et un appel à mobilisation contre la surveillance :

«Nous, usagĂšr·es de l’espace autogĂ©rĂ© des Tanneries et du Quartier Libre des LentillĂšres, dĂ©nonçons la surveillance policiĂšre illĂ©gale dont nous avons fait l’objet durant plusieurs mois.

Les faits :

Deux dispositifs de vidĂ©osurveillance camouflĂ©s dans des boĂźtiers accrochĂ©s au sommet de poteaux Ă©lectriques ont Ă©tĂ© dĂ©couverts au mois d’octobre 2022. Ils pointaient vers des accĂšs aux Tanneries et aux LentillĂšres et permettaient de filmer les rues, les zones de parking et les entrĂ©es piĂ©tonnes des lieux d’activitĂ©s et de rĂ©sidence. Ces appareils Ă©taient composĂ©s d’une camĂ©ra Ă  globe orientable et d’une antenne de transmission des donnĂ©es, ils Ă©taient alimentĂ©s par le biais du poteau Ă©lectrique. PassĂ© le premier moment d’incrĂ©dulitĂ©, des recherches ont permis d’attester une surveillance de longue durĂ©e.

Des photos privĂ©es et de google street view permettent d’attester la prĂ©sence de telles camĂ©ras depuis au moins 2019, sur des pĂ©riodes de plusieurs mois. AprĂšs la dĂ©couverte du dispositif situĂ© au fond de l’impasse des Tanneries, celui situĂ© devant les LentillĂšres (rue Amiral Pierre) s’est volatilisĂ© sous l’action d’un groupe d’intervention envoyĂ© par les services de renseignement.

Nous sommes choqué·es de nous retrouver dans un mauvais film d’espionnage, mais nous ne sommes pas surpris·es. Alors que la vidĂ©osurveillance se banalise dans l’espace public sous prĂ©texte d’insĂ©curitĂ©, le ministĂšre de l’intĂ©rieur Ă©tend son usage sous une forme camouflĂ©e, illĂ©gale, ciblĂ©e. Si l’un comme l’autre nous rĂ©volte, la surveillance discrĂšte et illĂ©gale durant plusieurs mois de l’ensemble des allĂ©es et venues de plusieurs centaines de personnes, habitant·es, voisin·es, public et usagĂšr·es est un pas de plus vers un monde oĂč chaque fait et geste est soumis au regard policier.

Dans les lieux que nous faisons vivre, les activitĂ©s politiques et les oppositions qu’elles font naĂźtre dĂ©rangent le pouvoir en place. Si nous en sommes conscient·es, rien ne peut justifier pour autant ces pratiques d’espionnage et d’intrusion au cƓur de nos organisations politiques et dans l’intimitĂ© de nos vies. Être filmé·e Ă  son insu constitue une vĂ©ritable violence, de mĂȘme que de savoir ses dĂ©placements du quotidien auscultĂ©s, des moments intimes observĂ©s, la vie de tous les jours sous le regard de la police.

Et la suite alors ? Des perquisitions pour dĂ©couvrir une bouteille d’acĂ©tone comme preuve irrĂ©futable d’explosifs en cours de prĂ©paration ? Une pompe Ă  vĂ©lo en guise de matraque ? Nos bibliothĂšques renversĂ©es pour mettre la main sur un livre d’histoire de la rĂ©volution zapatiste ?
Tout ceci cadre bien avec le glissement actuel opéré par le gouvernement qui tend à transformer toute opposition à ses politiques en opération criminelle, en association de malfaiteurs, en «éco-terrorisme».

Au cours des derniĂšres annĂ©es, les tentatives du pouvoir de monter en Ă©pingles diffĂ©rentes «affaires» se sont rĂ©pĂ©tĂ©es : la plus rĂ©cente et emblĂ©matique est celle de Bure et d’une supposĂ©e association de malfaiteurs qui a permis durant des annĂ©es l’espionnage de militant·es, a produit 16 annĂ©es d’écoutes cumulĂ©es, 85.000 conversations interceptĂ©es et 29 personnes et lieux mis sous Ă©coute, pour qu’au final toutes les personnes inculpé·es soient relaxé·es du chef d’inculpation d’association de malfaiteurs.

Nous communiquons pour dĂ©noncer ces pratiques, pour les rendre visibles et pour la dĂ©fense de libertĂ©s sensĂ©ment acquises, et toujours plus menacĂ©es. Nous pensons que c’est aussi l’occasion de rassembler les tĂ©moignages des personnes et collectifs ayant fait l’objet de surveillance durant ces derniĂšres annĂ©es. Contactez nous !

Toute opposition Ă  la marche d’un monde qui fonce droit dans le mur est surveillĂ©e. Le but est-il de faire peur ? De briser des solidaritĂ©s ? De nous dĂ©courager ?

Quoiqu’il arrive, nous sommes prĂȘt·es Ă  rĂ©pondre Ă  toute tentative de criminalisation de nos collectifs, mĂ©diatiquement, juridiquement et politiquement.

Nous ne nous laisserons pas intimider !

Nous continuerons à construire et faire vivre d’autres voies vers l’autonomie !

Et puisque notre monde est bien plus beau et plus joyeux que le leur, nous vous invitions Ă  un rassemblement festif et un bal masquĂ© contre l’espionnage de l’État envers ses opposant·es politiques.

Venez masqué·es sur le thÚme de la lutte contre la surveillance le 18 février 2023 à Dijon !

Contact : stopsurveillance@riseup.net
Tel presse : 07 58 57 02 80»

Source : les tanneries et Quartier Libre Des LentillĂšres

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