Police à Nantes : agressions sexuelles et ultra-violence


«Je vais te fouiller dans la chatte»


Cette semaine la police nantaise, déjà réputée pour sa sauvagerie, a franchi de nouvelles limites dans l’horreur. Quatre étudiantes ont déposé plainte pour agression sexuelle, après une nasse extrêmement brutale et des fouilles au corps illégales, mardi 14 mars. Médiapart vient de publier une enquête sur les pratiques de la police de Nantes.

Ce jour là, un blocage du périphérique est organisé par le mouvement contre la réforme des retraites. Tout se passe bien, le groupe se disperse. Mais la police organise un guet-apens plus loin, au bord de l’Erdre, sur un sentier isolé où passent les étudiant-es pour rentrer à la fac. Les agents débarquent cagoulés et lourdement armés.

«Ils nous ont rattrapés. On s’est retrouvés coincés, à l’avant et à l’arrière, avec l’Erdre à côté» raconte un étudiant à Médiapart. «Des camarades se sont fait tirer les cheveux sur plusieurs mètres. On a eu des coups dans le ventre, sur les parties génitales, des placages. Ils ont tiré une quinzaine de personnes comme ça, puis ça a été mon tour. Je n’étais pas serein, donc je me suis débattu. Je me suis pris des coups de pied sur la tête, et les policiers m’ont fait une clé de bras.» Il est interpellé, placé en garde à vue, et déferré en comparution immédiate le lendemain. En attendant son procès, il sera interdit de manifestation.

Plus grave encore : les agressions sexuelles. Les victimes décrivent à Médiapart «des palpations avec les mains à l’intérieur des sous-vêtements» par une policière. Leur avocate parle de faits «hallucinants» accompagnés «de propos inadaptés, insultants, humiliants, dans un contexte de grande tension.» Par exemple : «Faut que je fouille dans ta culotte, t’es sale, ça me dégoûte, tu sens mauvais», «Je vais te fouiller dans la chatte».

Cette opération destinée à terroriser et humilier la jeunesse contestataire est illégale. La fouille au corps est strictement encadrée par des articles du Code de la sécurité publique, rappelle l’avocate. Elle ne peut en aucun cas se justifier, ni être pratiquée dans ces conditions

C’est une nouvelle étape dans la culture de l’ultra-violence policière locale. Auprès de Médiapart, la responsable de l’Union Locale CGT énumère ce que le mouvement subit ces derniers jours : «quatre jeunes paysans de la ZAD qui vendaient de la soupe sur la manif ont été interpellés, et lorsqu’on a demandé pourquoi à la police, on s’est fait immédiatement gazer [les jeunes ont été placés en garde à vue, puis libérés sans aucune poursuite – ndlr]. Le 11 mars, la manif s’est terminée sous des tonnes de lacrymos et de grenades de désencerclement… Le 14, on s’est retrouvés devant le commissariat après l’interpellation du jeune militant de Solidaires. Et c’est là que l’on a appris que des jeunes filles nassées par la police avaient subi des fouilles au corps. Le 15 mars, la manif n’a pas pu aller à son terme. Il y a eu 36 interpellés, des camarades qu’on a conduits au CHU. On a déambulé pour aller au commissariat. On s’est fait stopper au bord de l’Erdre, il n’y avait aucun problème. Les gens ont levé les bras en l’air et là, ça a été un déferlement de gaz. On ne voyait rien. Les gens ont paniqué. On est retournés vers le parc, où on s’est fait charger. On est dans l’ultra-violence». Elle ajoute : «j’ai 55 ans, je n’ai jamais vu ça», pourtant la syndicaliste est une habituée des manifs nantaise et de la répression.

Un nouveau préfet, encore pire que les précédents, est arrivé à Nantes le 30 janvier 2023 : Fabrice Rigoulet-Roze. Retenez bien son nom. Les autorités nantaises devront rendre des comptes.


L’article complet, important, à lire et faire lire : https://www.mediapart.fr/journal/france/180323/nantes-quatre-manifestantes-accusent-la-police-de-violences-sexuelles

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