Conflans : la police terrorise les lycén-nes en lutte

Des adultes en uniforme, tenant en joue des adolescents avec des armes de guerre. Des policiers appuyant de leur poids sur le corps d’un lycéen. Ce sont les images de Conflans-Sainte-Honorine, près de Paris, ce jeudi 6 avril.

Ce jour de grande mobilisation nationale, les lycéen-nes de l’établissement Jules Ferry ont voulu bloquer leur lycée. «Certains sont arrivés à 7h20, ils ont tenté de mettre en place le blocus à l’aide de poubelles mais se sont fait menacer par la police qui est arrivée assez vite, et l’un d’entre nous s’est fait embarqué une première fois» nous explique un lycéen présent sur place.

«À 8h, on retente de mettre en place le blocus mais la police nous a instantanément gazé. Vers 10h, le blocus se remet en place, avec une barrière humaine mais la police revient cette fois-ci armée de LBD et de matraques en plus du gaz, ils nous foncent dessus, nous menacent de très près avec leurs LBD et nous gazent.»

Dans ce déferlement de violence, un jeune est arrêté : «l’un d’entre nous s’est fait plaquer au sol (sans motif) et agresser par au moins 4 policiers dont 1 qui s’assoit sur lui, pendant que 2 autres nous ont menacés à hauteur de tête avec leurs LBD». Les vidéos montrent les cris de terreur et l’effroi d’une jeunesse agressée et terrorisée par des policiers en roue libre. Une policière hurlante met en joue des jeunes avec un lanceur de grenade, pour qu’ils «arrêtent de filmer» ! Un acte totalement illégal : une grenade en tir tendu à si courte distance est mortelle.

Des barrières ont été mises en place après l’arrestation, «non seulement pour empêcher la police de revenir mais également aider ceux qui avaient peur car pour beaucoup, c’était leur première manifestation.» En l’absence de la police, le calme est revenu.

Voilà comment, en France, les premières mobilisations sociales de la jeunesse sont traitées. Ces images font écho à la rafle de lycéen-nes de Mantes-la-Jolie en 2018 lors des Gilets Jaunes, ou la répression récurrente qui frappe les luttes lycéennes. Ne laissons pas nos ami-es, nos petits frères et sœurs, nos enfants subir cette terreur. La peur doit changer de camp.

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