Incendies géants et canicules : chronique du désastre annoncé


Pendant que les ventes de yachts et de jets privés explosent, pendant que la guerre sociale fait rage, tour d’horizon du désastre en cours sous nos yeux.


Incendies gigantesques au Canada et en Sibérie

La saison des grands feux démarre de plus en plus tôt dans l’hémisphère nord. Au Canada, la province de l’Alberta est actuellement ravagée par des feux de forêt «sans précédent».

Dimanche 7 mai, des dizaines de feux étaient toujours actifs dans la région et l’état d’urgence a été décrété. Selon les autorités locales, environ 122.000 hectares ont brûlé et 20 communes ont été évacuées. Au total, 25.000 habitants ont dû fuir leur domicile. 43.000 hectares de forêt avaient déjà brûlé depuis le début de l’année 2023 au Canada. Et nous ne sommes que début mai.

En Sibérie, des feux de forêt ont lieu dans la région de Kourgan. 6 personnes sont décédées et 14 autres ont été blessées selon les autorités russes. 40 maisons ont été détruites dans les incendies et plusieurs villages ont dû être évacués. Dans la région de Tyumen en Sibérie, un homme de 49 ans est mort en essayant de combattre un feu dans son village. Les feux de forêt se sont également propagés dans l’Oural, à Sverdlovsk, détruisant plus de 54.000 hectares.

Records de chaleur en Asie

L’Asie du Sud connaît un épisode de chaleurs extrêmes depuis trois semaines. En Thaïlande et au Vietnam, il n’a jamais fait aussi chaud tous mois confondus avec des températures dépassant les 44 °C.

Le week-end dernier, il a fait 44,6 °C à Mak, en Thaïlande, 44,2 °C à Tuong Duong, au Vietnam, 43,8 °C à Osten, au Myanmar. Ces relevés pulvérisent tous les précédents records qui avaient déjà été battus ces dernières semaines. Ce sont les températures les plus élevées depuis le début des relevés météo. L’Asie du Sud-Est est la région du monde qui subit la plus forte hausse des températures.

Si le corps humain peut résister à de fortes chaleurs en régulant sa température par la transpiration, il ne peut survivre à des températures très chaudes combinées à une forte humidité. Le corps ne peut alors plus se refroidir. Des régions entières risquent d’être inhabitables dans les prochaines décennies.

El Niño

Les courants océaniques ont un impact énorme sur le climat. On sait que le Gulf Stream, courant tiède dans l’Océan Atlantique, permet à l’Europe de l’Ouest de bénéficier d’un climat tempéré, faute de quoi les hivers seraient glaciaux sur le littoral français, et les étés bien plus chauds.

El Niño est un courant océanique saisonnier qui se produit épisodiquement au large de l’Amérique du Sud, dans le Pacifique. L’eau est alors anormalement chaude, ce qui provoque aussi un réchauffement de l’air et une hausse globale des températures. À l’inverse, La Niña est un courant d’eau froide dans la même zone, qui permet de tempérer l’air. Après ces trois dernières années marquées par La Niña, les scientifiques estiment que le phénomène El Niño va réapparaître avec force dans un monde au climat de plus en plus chaud.

L’augmentation de la température de la surface de l’eau dans le Pacifique va donc augmenter les températures dans une partie de l’hémisphère sud. El Niño va provoquer de nouveaux pics de réchauffement, il peut par exemple générer des sécheresses intenses en Indonésie ou dans l’est de l’Australie. Les dernières années, déjà très chaudes, avaient été tempérées par la Niña, ce qui limitait la température moyenne mondiale. Ce ne sera pas le cas à l’avenir.


Pendant ce temps, le ministre français de la transition écologique déclare au Parlement : «le réchauffement climatique n’est pas une réalité politique, mais naturelle !»


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