“Intersyndicalme” ou zbeul populaire ?


Une bonne et une mauvaise nouvelle


➡️ Mauvaise nouvelle, mais elle était annoncée : les directions syndicales retournent à la niche, en acceptant des «discussions» les 16 et 17 mai prochains. Un choix d’autant plus scandaleux que le 1er mai a été marqué par une mobilisation historique. Plusieurs millions de personnes étaient descendues dans la rue et avaient bravé une répression énorme. Même Sophie Binet, la nouvelle boss de la CGT, ira «négocier» avec la Première Ministre, c’est-à-dire officialiser la défaite. Ce choix catastrophique n’est pas une surprise : depuis le début les directions syndicales ont choisi la stratégie de l’échec. Des «journées» de grève espacées d’une semaine, sans jamais engager de rapport de force réel, faisant perdre presque 15 jours de salaire à des millions de personnes plutôt que d’appeler à 15 jours de grève reconductible qui auraient paralysé la France. Puis ces directions ont choisi d’appeler à une prochaine date le 6 juin, 5 semaines après le 1er mai, sans donner la moindre explication à leurs syndiqué-es, très mobilisé-es, sur cette capitulation incompréhensible. Le retour à la gamelle macroniste n’est donc qu’une suite logique.

➡️ Bonne nouvelle : il n’y a pas besoin des directions syndicales pour lutter, et heureusement. Depuis le mois de janvier, de nombreux secteurs ont mené des actions superbes. Coupures de courant de la CGT Énergie, grève des éboueurs, sabotages et perturbations en tout genre. En parallèle, le mouvement s’est organisé à la base, en dehors des «journées» isolées : blocages de périphériques, manifestations spontanées, occupations… Après le 49-3 au mois de mars, les directions syndicales ont même joué un rôle secondaire. Les manifestations nocturnes quasiment tous les soirs ont eu lieu sans elles. Les casserolades, l’interville du zbeul, la chasse aux ministres aussi.

➡️ Alors ne nous décourageons pas. La jeunesse appelle déjà à se mobiliser dans les prochains jours, des manifestations sont organisées dans plusieurs villes, les macronistes continuent d’être chahutés, le mécontentement est plus haut que jamais. Opposons à «l’intersyndicalme» parisienne la colère de la base.

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