Coup de force des macronistes à l’Assemblée


Les macronistes l’avaient annoncé : tout allait être mis en œuvre pour empêcher un vote sur le recul de l’âge de la retraite. Hors de question de permettre aux élus de décider, après un 49-3 et des mois de répression sanguinaire. C’est chose faite ce mercredi 31 mai.


La façade de l'Assemblée Nationale

En commission des affaires sociales, l’article 1 de la proposition de loi du groupe parlementaire LIOT, un groupe centriste, qui proposait d’annuler la retraite à 64 ans, a été tout simplement supprimé. La manœuvre, organisée par le camp macroniste depuis plusieurs jours, a donc bien fonctionné.

Concrètement, la macroniste qui animait les débats a utilisé une nouvelle arme : l’article 41 du règlement de l’Assemblée nationale. Ce règlement, qui n’est pas une loi, dit que «le président de chaque commission organise les travaux de celle‑ci. Son bureau a tous pouvoirs pour régler les délibérations», violant ainsi les principes élémentaires de la Constitution. Hier, le président de la commission des finances Éric Coquerel avait pourtant annoncé que le texte de LIOT était recevable.

C’est donc un texte vidé de sa substance, puisque l’article 1 sur les retraite n’existe plus, qui sera présenté à l’Assemblée. Les macronistes avaient préparé leur coup avec Les Républicains, qui ont notamment remplacé une députée qui avait voté la motion de censure contre le gouvernement en avril.

Toutes ces manigances pour simplement empêcher les députés d’avoir un débat et de voter dans l’hémicycle sur l’âge de la retraite. Le projet de LIOT n’aurait de toute façon jamais été validé par le Sénat, ni promulgué par l’exécutif : il s’agit d’un pur spectacle politicien. «On va vous laisser tranquille, on va vous laisser entre vous» a déclaré un député NUPES, avant que son groupe ne quitte la salle.

Les directions syndicales avaient tout misé sur cette loi, refusant d’appeler à la grève après un 1er mai historique, coupant les jambes d’un mouvement pourtant surpuissant. Encore une stratégie totalement perdante. C’était à la fois compréhensible d’attendre quelque chose de l’Assemblée Nationale car on apprend à l’école que c’est le fonctionnement de la République. Mais c’était surtout complètement irrationnel : nous ne vivons pas en démocratie. Prenons-en acte une bonne fois pour toutes.

Financez Contre Attaque
Tous nos articles sont en accès libre. Pour que Contre Attaque perdure et continue d'exister, votre soutien est vital. 
Faire un don

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *