Allemagne : l’État réprime l’antifascisme, riposte de rue

Lina, une militante antifasciste allemande de 28 ans, a été condamnée par la justice mercredi. Elle était accusée d’avoir fondé une «organisation criminelle» et commis des «attaques» entre 2018 et 2020. Avec ses camarades, elle s’en était prise à des néo-nazis. Elle vient d’écoper de cinq ans et trois mois de prison, et ses trois coaccusés ont été condamnés à environ trois ans de prison chacun. Des peines très lourdes, visant à criminaliser l’antifascisme en Allemagne, alors même que le néo-nazisme est en pleine résurgence, y compris au sein des services étatiques.

Lina a déjà purgé deux ans de prison préventive, elle subira désormais un contrôle judiciaire très strict avec assignation à résidence jusqu’à ce que tous les recours soient épuisés. Si ces recours échouent, elle aura encore trois ans à purger. Une grande partie du dossier de l’accusation reposait sur une balance : un membre de son groupe devenu témoin de l’État qui a chargé ses camarades.

Depuis plusieurs jours, des centaines de personnes manifestent dans plusieurs villes d’Allemagne, notamment Leipzig, pour dénoncer la répression de l’antifascisme. En Allemagne, la police utilise peu d’armes mais elle encercle les cortèges et fait des arrestations préventives, ce qui limite fortement le droit de manifester. Seuls les rassemblements statiques ont été autorisés.

Dans des villes comme Leipzig, Hambourg, Berlin ou Dresde, des affrontements ont eu lieu et quelques barricades ont été enflammées. Plusieurs arrestations sont à déplorer.

Une grande manifestation aura lieu ce samedi à Leipzig.


Images : PM Cheung, Vue critique, Ahnung woher, StreetNewsLE

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