La France : deuxième plus gros vendeur d’armes mondial


Bombarder plus pour gagner plus


Image d'un rafale en vol propulsant des missiles

C’est à la fois un record et une honte mondiale. La France est désormais le deuxième plus gros exportateur d’armes du monde.

Notre pays est sur le podium des marchands de mort depuis des années, à la troisième place, entre la Russie et la Grande Bretagne. En 2022, profitant de la montée des tensions militaires mondiales, la France passe deuxième dans le business de la guerre.

Avec 27 milliards d’euros de ventes, c’est un record absolu. Ce montant pharaonique est dû, notamment, à la vente de 80 avions de guerre à la monarchie religieuse des Émirats Arabes Unis. Ce pays du golfe est l’un des premiers producteurs de pétrole au monde. Son dirigeant, Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane, enferme les journalistes indépendants et a transformé l’État en Régime policier, avec une cybersurveillance généralisée et un quadrillage des villes par les caméras. Il était invité l’été dernier à l’Élysée par Macron, qui lui proposait d’importer du diesel ainsi qu’une loi pour relancer le charbon. On imagine qu’en échange, la vente de quelques Rafales a été négociée.

27 milliards d’euros de ventes d’armes sur un an, c’est 60% de plus que le précédent record, 16,9 milliards d’euros en 2015. Ce chiffre est aussi plus de deux fois supérieur à celui de 2021 qui était de 11,7 milliards d’euros.

Les exportations d’armes par la France avaient déjà bondi en 2018. Les principaux pays destinataires cette année-là : le Qatar, la Belgique et l’Arabie saoudite. La France vend aussi des armes au Yemen, où le régime massacre la population civile, causant l’une des plus grandes crises humanitaires de la planète.

L’Hexagone a toujours figuré depuis les années 1950 parmi les cinq premiers vendeurs mondiaux d’armes. Les ministres des armées sont devenus les VRP des grands marchants d’armes. Ils sillonnent le monde en avion pour aller vanter les mérites des bombes françaises, et se montrent dans les médias lorsqu’ils reviennent d’une dictature quelconque avec de gros chèques entre les mains.

Sébastien Lecornu se félicite d’ailleurs des ventes «de missiles, frégates, sous-marins, artillerie, hélicoptères, radars, satellites d’observation»… Pour le plus grand bénéfice des industriels de l’armement : Dassault, Thalès EADS ou jadis Lagardère. Qui pour certains investissent leurs profits en achetant des médias.

Cette orgie de ventes d’armes a lieu dans un contexte de montée en guerre, d’impérialisme agressif et de militarisation. Mardi 27 juin, Macron annonçait la construction d’un nouvel hôpital militaire à Marseille pour «préparer la France à une éventuelle guerre de haute intensité […] pour pouvoir accueillir plus de militaires qui seraient touchés par des blessures très graves». Une inquiétante façon de préparer les esprits. En janvier, le gouvernement débloquait 413 milliards d’euros pour l’armée. En parallèle, le Service National Universel, un grand programme coûtant des milliards d’euros, est lancé pour embrigader les lycéen-nes dans l’idéologie militariste et nationaliste dès le plus jeune âge. Toujours plus d’argent pour la guerre, toujours moins pour les besoins vitaux de la population.

Les pauvres n’ont rien à gagner dans les conflits militaires des puissants et tout à attendre d’une paix mondiale entre les peuples, de l’abolition des États et des inégalités sociales.


Source : https://www.challenges.fr/entreprise/defense/27-milliards-d-euros-la-france-devient-numero-deux-mondial-des-ventes-d-armes_862869

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