Après eux le déluge

Le déluge, c’est celui qui s’abat déjà sur le Nord-Est des Etats-Unis en ce moment. Ce vendredi 29 septembre, des pluies torrentielles ont inondé la ville de New York, au point de paralyser une partie du réseau de métro qui s’est retrouvé rempli d’eau, mais aussi les routes et les aéroports de la métropole. Avec 200 millimètres de pluie depuis vendredi minuit, les services météo de New York ont d’ores et déjà mesuré «le jour le plus humide» jamais enregistré à l’aéroport international de New York depuis 1948. La gouverneure de l’État de New York a déclaré «l’état d’urgence».

Le 9 juillet, dans le même État, des pluies torrentielles d’une ampleur inédite avaient déjà provoquées des inondations. La vallée de l’Hudson était sous l’eau, les routes ont été submergées et l’état d’urgence avait déjà été déclaré.

Le 29 septembre 2023, c’est aussi le jour choisi par le président des États-Unis pour autoriser une nouvelle exploitation de pétrole et de gaz dans le golfe du Mexique, malgré l’urgence climatique. Un choix criminel et suicidaire : celui d’extraire toujours plus d’énergie fossile, d’engraisser toujours plus les multinationales du pétrole, alors même que le désastre est déjà là. Il est sous les yeux des dirigeants, en ce moment même, sur l’une des plus grandes villes des Etats-Unis.

Ce choix n’est pas isolé : au début de l’été, le gouvernement canadien donnait le feu vert à un vaste forage pétrolier en mer de la compagnie ExxonMobil. L’entreprise va investir 165 millions de dollars dans la recherche de pétrole au milieu d’un «refuge marin», une zone protégée, en principe destinée à préserver la biodiversité et des espèces menacées.

Revenons aux États-Unis. Le président Joe Biden est âgé de 80 ans et il se présente aux prochaines élections présidentielles. Son adversaire, Trump, a 77 ans. La première puissance mondiale est une gérontocratie. Un quart des sénatrices et sénateurs actuels sont nés dans les années 1940, comme Biden et Trump. La doyenne du Sénat est née en 1933, l’année où Hitler a accédé au pouvoir.

L’homme qui règne sur le pays le plus influent du monde est sénile. Lors d’une conférence de presse au Vietnam, il y a quelques jours, il était interrogé sur le dérèglement climatique. Il a commencé à divaguer en parlant d’un film avec l’acteur John Wayne : «C’est un éclaireur indien. Et ils essaient de ramener les… je pense que c’était les Apaches… une… une des grandes tribus d’Amérique dans la réserve». La porte-parole de la Maison Blanche a dû interrompre la séance. Le président avait eu le temps d’ajouter : «Eh bien, il y a beaucoup de soldats poneys menteurs à tête de chien (sic) sur le réchauffement climatique». «Je ne sais pas pour vous, mais je vais me coucher».

Joe Biden fait régulièrement des chutes ou semble désorienté lors de visites officielles. En juin, questionné sur la rébellion du groupe Wagner en Russie, il déclarait que Vladimir Poutine «perd[ait] clairement la guerre en Irak».

La génération qui dirige les États-Unis est née pendant la seconde guerre mondiale ou peu après. C’est celle des 30 glorieuses, du capitalisme productiviste, de la consommation sans limite et de la guerre froide. Elle est complètement inadaptée aux enjeux actuels, et sous influence de lobbyistes du désastre capitaliste, quand elle n’est pas carrément climatosceptique.

Ces gens, qui décident d’accélérer la production pétrolière, ne vivront pas l’effondrement. Ils condamnent leurs petits enfants. Après eux, le déluge.

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