Brésil : replanter la forêt avec des lance-pierres et des “bombes à graines”


Dans le Nord-Est du Brésil, l’État du Pernambouc est un territoire pauvre et aride. Comme dans le reste du pays, la végétation y est menacée. Des habitant-es ont trouvé la solution pour reboiser leurs terres : des lance-pierres sont utilisés pour envoyer des graines dans les zones inaccessibles de la caatinga, l’écosystème sec qui caractérise cet endroit.


Deux paysans brésiliens envoient des graines dans une végétation sèche à l'aide de lance-pierres

Lancé par une ONG baptisé Chapada, le projet a mobilisé 270 familles. Il s’agissait de s’inspirer des savoirs des peuples des Qilombos, ces anciennes communautés autonomes du Brésil dans lesquels vivaient les esclaves en fuite, à l’écart de la société coloniale. Leurs connaissances ancestrales de la biodiversité et l’usage revisité des lance-pierres doivent permettre d’aider la nature à reprendre ses droits.

En guise de projectile ? Des «bombes à graines» préparées par les habitant-es en plaçant différentes graines dans un mélange de fumier et de terre, formant ainsi une boule recouverte d’argile. La croûte protège ainsi les graines des animaux et des intempéries, en attendant que la pluie ne vienne hydrater le mélange et permettre aux graines de germer.

Un jeune paysan est chargé d’indiquer à sa communauté quelles zones sont appropriées pour replanter, et les lance-pierres permettent d’atteindre les endroits difficiles d’accès, explique le journal Folha de Sao Paulo. Les «bombes» sont tirées durant la saison des pluies. En deux ans et quatre mois d’activités, 18.640 «bombes à graines» ont été lancées de façon ludique, chacune contenant 10 à 15 graines qui auraient permis de végétaliser 90 hectares.

Avant le projet, «on ne voyait plus certains arbres par ici» explique un paysan. Ces zones commencent désormais à verdir de nouveau.

Cette pratique simple et astucieuse pourrait être mise en place bien au-delà du Brésil. Et pourquoi pas en France, contre les projets écocidaires, dans les villes bétonnées et les campagnes rongées par l’agro-industrie ?

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