Israël veut la tête du secrétaire de l’ONU


Après avoir assimilé tout le peuple de Gaza au terrorisme, puis accusé tous les soutiens du peuple palestinien d’être complices du terrorisme, l’État israélien accuse désormais le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies de complaisance avec le terrorisme.


Antonio Guterres lors d'un discours à l'ONU : «Le peuple palestinien est soumis à 56 ans d’occupation étouffante. Ils ont vu leurs terres en proie à la violence être progressivement dévorées par les colonies ; leur économie étouffée ; leurs habitants déplacés et leurs maisons démolies. Leurs espoirs d’une solution politique à leur sort se sont évanouis […] «Soyons clairs. Aucune partie à un conflit armé n'est au-dessus du droit international humanitaire. Rien ne peut justifier que des civils soient délibérément tués, blessés ou enlevés, ou que des roquettes soient lancées contre des cibles civiles».

Lors du Conseil de sécurité de l’ONU ce 24 octobre, Antonio Guterres s’est pourtant contenté d’appeler encore une fois à un cessez-le-feu humanitaire pour épargner les civils de Gaza, et à quelques évidences historiques. Un discours très modéré au regard du massacre en cours :

«Il est important de reconnaître également que les attaques du Hamas ne se sont pas produites pour rien. Le peuple palestinien est soumis à 56 ans d’occupation étouffante. Ils ont vu leurs terres en proie à la violence être progressivement dévorées par les colonies ; leur économie étouffée ; leurs habitants déplacés et leurs maisons démolies. Leurs espoirs d’une solution politique à leur sort se sont évanouis […] les griefs du peuple palestinien ne peuvent justifier les attaques effroyables du Hamas. Et ces attaques épouvantables ne peuvent justifier la punition collective du peuple palestinien».

Ce rappel timide et ménageant les deux bords est déjà audacieux dans le contexte actuel. Guterres a ajouté : «Soyons clairs. Aucune partie à un conflit armé n’est au-dessus du droit international humanitaire. Rien ne peut justifier que des civils soient délibérément tués, blessés ou enlevés, ou que des roquettes soient lancées contre des cibles civiles.»

La simple évocation de l’histoire coloniale de l’État hébreu et des politiques d’apartheid en vigueur est devenue intolérable. Seul le discours mensonger de Netanyahou sur le «choc des civilisations» assimilant les palestiniens et plus généralement les musulmans à Daesh est le récit autorisé, en tout cas en Occident.

Les responsables israéliens ont immédiatement appelé à la démission du représentant de l’organisation internationale qui regroupe 193 États et a pour but de maintenir la paix dans le monde depuis la fin de la seconde guerre mondiale. «De toute évidence, nous allons devoir reconsidérer l’ensemble de nos relations avec les Nations Unies» a déclaré un ambassadeur israélien, accusant carrément l’ONU de «prendre les mots du Hamas comme s’ils étaient la parole de Dieu». Zéro limite, même Bush n’avait pas osé.

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Eli Cohen, a ensuite annulé sa rencontre avec le secrétaire général de l’ONU et l’a accusé d’être complaisant avec le terrorisme. Pour rappel, Israël a tué 35 employés de l’ONU à Gaza en deux semaines.

C’est un État voyou et militarisé, dirigé par l’extrême droite, qui s’exonère ouvertement des règles les plus fondamentales du droit international. L’ONU était le dernier contre-pouvoir, symbolique, aux crimes de l’armée israélienne.

En guerre contre les ONG, les opposants politiques, les opinions publiques étrangères et maintenant contre l’ONU, l’État israélien n’est plus soutenu que par une poignée de puissances impérialistes lourdement armées. Il reste donc tout permis.

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