Palestine : l’horreur s’amplifie


Les atrocités commises contre le peuple palestinien ne cessent de s’aggraver à toute vitesse ces derniers jours. Un point sur la situation ce samedi 18 novembre :


Massacres

Vendredi 17 novembre, les autorités de Gaza annonçaient que les bombardements israéliens avaient tué plus de 12.000 Palestiniens depuis le 7 octobre, dont plus de 5.000 enfants. 30.000 personnes ont été blessées dont une grande partie mourra faute de soins.

Ce bilan est provisoire et sous-estimé, puisque de nombreux corps sont coincés sous les décombres ou se décomposent dans les rues du nord de la bande de Gaza sans pouvoir être recensés, comme en témoignait un correspondant de l’AFP.

La CNN a diffusé un reportage vendredi montrant que des soldats israéliens avaient demandé à un père et son fils de quitter leur domicile à Gaza. Alors qu’ils étaient sortis avec un drapeau blanc, le fils avait reçu une balle en pleine tête tiré par les soldats israéliens. D’autres témoignages d’exécutions sommaires sont évoqués sur les réseaux sociaux.

Ce samedi midi, une école de l’ONU, Al-Fakhoora, a été frappée par les bombardements. Des dizaines de réfugiés sont morts.

Hôpitaux

Les attaques d’hôpitaux sont un procédé systématique de l’armée israélienne. Après l’obus sur l’hôpital Al-Ahli il y a un mois, c’est l’hôpital Al-Shifa, le plus grand de Gaza, qui a été assiégé, envahi et en partie anéanti.

Des tanks et des tireurs embusqués ont tiré dans l’enceinte du lieu de soin. «Ils ont détruit le service de radiologie et bombardé le service des grands brûlés et des dialyses» a affirmé le porte-parole du ministère de la santé. «Des soldats sont entrés dans les services des grands brûlés, des urgences, des dialyses et dans les chambres frigorifiées de la morgue».

ABC News déclarait que la «conquête de l’hôpital» avait tué 43 patients en soins intensifs, privés d’oxygène. Ce samedi, des centaines de réfugiés et de blessés ont dû quitter de force l’hôpital pour le sud de Gaza.

«Il n’est plus possible d’effectuer des interventions chirurgicales à l’hôpital Al-Ahli. L’hôpital est aujourd’hui un poste de secours. Des centaines de blessés sont maintenant à l’hôpital sans accès à la chirurgie. Ils mourront de leurs blessures» disait un responsable vendredi.

Le 17 novembre, c’est en Cisjordanie que les forces israéliennes ont attaqué des lieux de soins. À Jénine, l’hôpital Khalil Suleiman soutenu par Médecins Sans Frontière a été assiégé en parallèle des incursions dans un camp de réfugiés de la ville. Des explosions et tirs ont été entendus près de l’enceinte.

Guerre d’intox

Pour justifier de telles atrocités, l’armée israélienne inonde la toile et les médias occidentaux de ses mensonges. L’attaque de l’hôpital Al-Shifa était justifiée par le fait qu’il cachait soi-disant «une base du Hamas» avec des centaines d’hommes armés et d’otages, ainsi qu’un réseau de tunnels. Absolument tout était faux.

En guise de preuve, Tsahal a diffusé une vidéo sur internet présentée comme étant «sans coupe ni modification». Elle a été supprimée peu après et republiée modifiée. On y voit un sac de vieilles armes caché derrière un IRM… qui est un aimant géant. Personne ne cache d’objets métalliques derrière un aimant surpuissant. À moins d’avoir des pistolets en plastique.

Des enquêteurs ont prouvé, en recoupant les images, que ces armes avaient été déplacées par l’armée israélienne elle-même.

Dans la même vidéo un ordinateur, qui aurait été laissé allumé et sans code, laissait apparaître en fond d’écran le visage d’une femme, manifestement soldat israélienne. Ce passage a été “retouché” par le compte de Tsahal.

Dernier élément, une «liste de terroristes» affichée au mur. En réalité, les mots en arabe sur cette «liste» étaient des jours de la semaine. Il s’agissait d’un planning. Ces mensonges, grotesques, sont une arme de guerre systématique depuis le 7 octobre. Mais les médias occidentaux, surtout en France, les relaient sans recul.

Famine organisée

Le Programme alimentaire mondial des Nations unies a alerté sur le «risque immédiat de famine» à Gaza, où nourriture et eau sont «quasi inexistantes». «Avec l’hiver qui approche à grands pas, les abris précaires et surpeuplés, ainsi que le manque d’eau potable, les civils sont confrontés à un risque immédiat de famine».

«Les réseaux de communication à Gaza sont hors service faute de carburant. Cela rend impossible la gestion ou la coordination des convois d’aide humanitaire.» À cause des coupures de communications, l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) annonçait jeudi ne pas pouvoir assurer d’opérations d’aide humanitaire.

Chrétiens

Des églises de Gaza ont été bombardées et des dizaines de membres de la petite communauté chrétienne assassinés. En Cisjordanie, les colons israéliens persécutent aussi les chrétiens.

Le Patriarcat arménien de Jérusalem déclare qu’il «subit probablement la plus grande menace existentielle de son histoire vieille de 16 siècles. Cette menace existentielle – territoriale s’étend totalement à toutes les communautés chrétiennes de Jérusalem. (…) il s’agit là d’une nouvelle étape vers la mise en danger de la présence chrétienne à Jérusalem et en Terre Sainte.»

Les grands défenseurs de «l’occident judéo-chrétien» qui défendent constamment Israël sont très silencieux à ce sujet.

Rafles racistes

En Cisjordanie, l’extrême droite israélienne mène une guerre ethnique. Le 10 octobre, les permis de travail attribués à 18.500 Gazaouis pour les autoriser à sortir de l’enclave ont été officiellement été annulés. En parallèle, des milliers de Gazaouis ont été arrêtés en représailles de l’attaque du Hamas.

Des ONG estimaient que les plus de 4.000 Gazaouis initialement présents en Israël pouvaient être détenus par les autorités. D’autres ont été arrêtés en Cisjordanie. Il s’agit de rafles extra-judiciaires, accompagnées d’actes de torture.

Ceux qui ont été libérés pour être renvoyés à Gaza sous les bombes décrivent l’enfer. «Un Palestinien détenu [indique avoir été] arrêté en Israël le 8 octobre et détenu pendant trois jours dans une structure ressemblant à une cage, exposée aux éléments, sans nourriture, sans eau, sans médicaments, sans matelas et sans accès à des toilettes. Il a ensuite été transféré dans un autre campement, qu’il a décrit comme un “enclos à bétail”».

D’autres parlent «d’entraves prolongées (plus de seize heures par jour selon certains) avec des liens en plastique» et ont montré des marques très visibles à leurs poignets. Un rescapé explique avoir été «torturé durant trois jours, totalement nu», que des soldat lui ont «écrasé la tête avec les pieds». En plus des privations d’alimentation et d’un accès à l’eau réduit «au strict minimum», un travailleur gazaoui témoigne de l’usage de chocs électriques et affirme que des personnes sont décédées des suites de ces sévices.

Même des soldats en guerre capturés ne doivent pas subir ce genre de traitements. Ici il s’agit de simples civils. C’est un crime contre l’humanité, un de plus.

Le sud de Gaza attaqué

À Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, 26 personnes ont été tuées dans un bombardement contre des immeubles résidentiels ce samedi.

Après avoir totalement dévasté le nord de Gaza et promis que le sud serait un lieu sécurisé pour les civils, Israël s’attaque au sud, qui était déjà bombardé depuis le 7 octobre.

Ehud Olmert, ancien premier Ministre israélien déclare maintenant que «le centre de commandement du Hamas» se trouverait dans le sud de Gaza. Donc il n’est plus à l’hôpital al-Shifa, pourtant bombardé, assiégé, et envahi deux jours plus tôt. Derrière ces mensonges, une volonté de vider la totalité de Gaza de ses habitants. Le projet est de plus en plus clair.

Israël a fait exploser le parlement palestinien à Gaza, créé en 1996 dans le cadre des accords d’Oslo. Détruire systématiquement les institutions démocratiques, les services vitaux, les infrastructures palestiniennes et chasser la population sont des aspects de l’ethnocide initié en 1948.

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