Au festival de Berlin, des paroles justes contre l’apartheid et le colonialisme israélien


S’il y a un pays dans le monde qui fait pire que la France par son soutien inconditionnel au fascisme israélien, c’est l’Allemagne. Avec une certaine récurrence, nos voisins semblent vouloir rester du mauvais côté de l’Histoire : l’État jadis responsable de la Shoah choisit désormais de soutenir aveuglément l’État d’Israël, quoiqu’il fasse, même lorsque celui ci commet un génocide.


Le 13 mars 2008, Angela Merkel déclarait que la sécurité d’Israël était, pour l’Allemagne, une «raison d’État», une formule désormais reprise par Olaf Scholz. Autrement dit, le soutien à Israël passe au-dessus de toutes les autres considérations. C’est ainsi que, depuis 5 mois, toute expression en faveur de la Palestine est traquée en Allemagne, que des associations sont attaquées, des manifestations interdites, des interventions annulées ou punies. Même au sein de la gauche allemande, émettre un doute sur les crimes de guerre israéliens est rapidement considéré comme «antisémite». Les fameux supporters «antifascistes» de Sankt Pauli ont d’ailleurs publiquement soutenu Israël. C’est l’Union Sacrée derrière Netanyahou.

Des voix très courageuses ont brisé cette chape de plomb il y a quelques jours. Samedi 24 février, à la Berlinale, le prestigieux festival de cinéma qui a lieu dans la capitale allemande, une cérémonie était organisée, au cours de laquelle plusieurs cinéastes ont exprimé leur soutien au peuple palestinien. Notamment la réalisatrice et actrice franco-sénégalaise Mati Diop, qui a affirmé sa «solidarité avec la Palestine» en recevant une récompense pour son film Dahomey.

Mais le discours le plus marquant reste celui de Basel Adra et Yuval Abraham, deux jeunes hommes dont le travail commun dessine l’espoir de justice et de paix en Palestine. Ils ont participé à la réalisation collective, israélo-palestinienne, du film No Other Land, à propos de l’expulsion de Masafer Yatta, un territoire palestinien progressivement vidé de sa population par des attaques et des implantations de colonies israéliennes.

«Basel et moi avons le même âge. Je suis israélien, Basel est palestinien. Et dans deux jours, nous allons revenir sur une terre où nous ne sommes pas égaux. Cette situation d’apartheid entre nous, cette inégalité doit cesser» a déclaré Yuval Abraham. Son ami est en effet privé de vote, de se déplacer librement, dans les territoires occupés de Cisjordanie «comme des millions de palestiniens» a rappelé l’artiste.

Basel Adra a quant à lui rappelé sa peine de recevoir ce prix quand ses proches se font massacrer à Gaza, et a supplié l’Allemagne d’arrêter d’envoyer des armes à Israël.

Ces déclarations fraternelles et internationalistes auraient pu susciter un engouement et une vague de solidarité. C’est l’inverse qu’il s’est produit. Les médias et la classe politique, allemands comme israéliens, ont déchaîné leur haine et leurs diffamations contre les deux hommes, qualifiés notamment «d’antisémites».

Yuval Abraham a même été la cible de menaces de mort, visant également sa famille en Israël. Il a révélé quelques jours plus tard qu’une «foule de militants de droite s’est rendue au domicile de sa famille pour le chercher». La «seule démocratie du Proche Orient» selon l’occident est un régime fasciste où les opposants sont traqués et craignent pour leurs vies et celles de leurs proches.


«Je maintiens chaque mot» a toutefois affirmé Yuval Abraham sur Twitter. Les temps sont durs, mais l’histoire retiendra le courage des Justes.


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