La France expulse un jeune kurde, il est emprisonné dès son arrivée en Turquie


Firaz Korkmaz n’a que 24 ans, et il est un jeune militant kurde, originaire d’un territoire qui subit l’oppression depuis trop longtemps, membre d’un peuple sans État, qui résiste aux fanatiques de Daesh comme à la dictature Turque.


Arrêté en Turquie dès l’âge de 13 ans pour «des graffitis que j’avais faits sur les Kurdes et la résistance» expliquait-il, il s’engageait au sein du HDP, le Parti démocratique des peuples, organisation légale d’opposition.

À 18 ans, il est de nouveau arrêté avec d’autres Kurdes qui jouaient de la musique et dansaient dans la rue. Le régime Turc persécute toute expression, même culturelle, de la minorité kurde. Par exemple, la chanteuse kurde Nûdem Durak est emprisonnée depuis 2015 en Turquie, après avoir été condamnée à 19 ans de prison pour «propagande terroriste». Ce qu’on lui reproche réellement, c’est d’avoir chanté des chansons kurdes et engagées. Des milliers d’autres militant.e.s croupissent ainsi dans les prisons d’Erdogan.

Deux amis de Firaz ont été condamnés à 15 ans de prison. Quant à Firaz, il pensait avoir trouvé refuge en France après avoir passé deux ans de sa jeune vie derrière les barreaux.

C’est pourtant en France qu’il a été arrêté le 26 février à Strasbourg, au cours d’une manifestation devant le Conseil de l’Europe. Il réclamait des informations sur le sort d’Abdullah Öcalan, leader kurde emprisonné depuis 25 ans. Pour cette simple manifestation, Firaz a été enfermé en Centre de Rétention, et les autorités lui ont notifié une obligation de quitter le territoire. Sauf qu’il est menacé d’emprisonnement et de torture dans son pays d’origine.

Le 27 mars, un mois plus tard, Firaz a été conduit à l’aéroport de Roissy pour être expulsé. Des manifestants kurdes et des élus de gauche ont tenté de s’opposer à son expulsion. Malgré des heurts avec le service de sécurité de l’aéroport, Firaz a été emmené menotté et bâillonné dans l’avion, encerclé de policiers. Et immédiatement à son arrivée, il a été remis aux autorités turques qui l’ont incarcéré.

Voilà de quoi se rend complice l’État français : de la répression commise par le régime d’extrême droite d’Erdogan. Voilà comment la France remercie les kurdes qui ont versé leur sang contre Daesh, et qui luttent pour la justice sociale et l’émancipation. Plutôt que de leur offrir asile, notre pays les abandonne, les réprime et les expulse pour les livrer à l’enfermement, la torture, voire la mort.

Ces derniers mois, la communauté kurde est victime d’attaques de plus en plus nombreuses en France. Notamment de la part de milices pro-Erdogan, mais aussi de l’extrême droite hexagonale. Le 23 décembre 2022, un criminel raciste de 69 ans, déjà condamné pour une attaque contre un campement de réfugiés, avait tiré sur un centre culturel Kurde : trois personnes étaient décédées. En 2013 déjà, trois militantes kurdes avaient été assassinées en plein Paris.


Firaz dort actuellement derrière les barreaux, et la République française en est responsable.


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2 réflexions au sujet de « La France expulse un jeune kurde, il est emprisonné dès son arrivée en Turquie »

  1. Bonjour Contre Attaque, La France c’est bien une dictature créée par la grande bourgeoisie, pour la grande bourgeoisie et dirigée par la grande bourgeoisie. Le peuple est sans aucun pouvoir d’action et aujourd’ hui le régime macroniste s’en délecte à en enfoncer le clou.

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