Faire monter les néonazis pour affaiblir les fascistes ? La stratégie brillante du macronisme


«Face au RN, on essaye de faire monter Marion Maréchal. On la considère, on fait des débats avec elle»
Ce sont les propos hallucinants tenus par un ministre de Macron dans le journal Libération.


Gabriel Attal, Le Maire, Oudéa-Castéra, Dati... autant de membres d'un gouvernement ayant fait le pari du fascisme

Celui-ci explique tranquillement que le gouvernement assume désormais de faire monter le parti fasciste Reconquête pour «affaiblir» le Rassemblement National et «limiter la casse aux européennes».
Les managers cyniques et autoritaires qui nous gouvernent ont fait depuis longtemps le pari du fascisme. Plutôt que d’opposer à la famille Le Pen une véritable campagne anti-raciste ou sociale, c’est à dire la seule façon réaliste de contrer les idées d’extrême droite, ils privilégient un parti encore plus extrême, dont le dirigeant, pétainiste assumé, a été condamné à plusieurs reprises pour des provocations à la haine raciale répétées.

Pour rappel, la stratégie des macronistes avait déjà été utilisée dans les années 1980 par le Parti Socialiste. A l’époque, le projet du gouvernement Mitterrand était de faire monter le FN pour «affaiblir» la droite classique, celle de Chirac et du RPR.

François Mitterrand, président socialiste, avait alors demandé à la chaîne Antenne 2 de donner la parole à Jean-Marie Le Pen, que personne ne connaissait, pour «diviser» la droite. En 1981, le Front National comptait moins de 300 adhérents et recueille 0,18% des suffrages. En 1988, après sa médiatisation massive, Jean-Marie Le Pen faisait 14,38% des voix. La classe politique, et le Parti Socialiste en particulier, portent une écrasante responsabilité dans cette escalade.

Le FN avait été créé le 5 octobre 1972, lors d’une réunion privée qui n’avait réuni que 70 personnes. Ce n’était qu’un obscur groupuscule composé de quelques dizaines de membres. Un parti confidentiel réunissant des néo-nazis, d’anciens collaborationnistes, des SS, des colonialistes et des criminels de guerre. Le parti fasciste n’a dû sa fulgurante ascension qu’aux trahisons répétées de la gauche qui ont écœuré le prolétariat, à sa médiatisation complaisante outrancière, et au soutien assumé d’une grande partie des milliardaires et des médias français.

Faire monter l’extrême droite pour «affaiblir» la droite, puis aujourd’hui faire monter des néo-nazis pour affaiblir des fascistes est non seulement une stratégie abjecte moralement, mais aussi criminelle, puisqu’elle ne profite qu’à l’extrême droite. Depuis les années 1980, la classe politique n’a pas cessé de se droitiser, en calquant ses propos et ses idées sur ceux de Le Pen. Des dizaines de lois sécuritaires et anti-immigrés ont été votées. La droite n’a pas été «divisée» par la manœuvre de Mitterrand, elle s’est radicalisée, puis a conquis tout le champ politique.

Lorsqu’il était président, Nicolas Sarkozy était conseillé par l’idéologue fasciste Patrick Buisson. Plus tard, le politicien d’extrême droite Paul-Marie Coûteaux rédigera les discours de Fillon. À présent, Macron ne cache plus ses liens avec Zemmour et ses références au pétainisme. Et le RN est électoralement le premier parti de France.

Et le plus fou dans tout cela ? Ceux qui choisissent de faire «monter» Reconquête sont les mêmes qui diffament à longueur de journée la gauche, qui qualifient La France Insoumise, premier mouvement d’opposition de France, d’être «anti-républicain», «antisémite» voire «terroriste», et qui répriment implacablement toutes les voix réclamant la justice sociale, la liberté et l’égalité. Le centre-gauche est désormais qualifié «d’extrémiste» alors que les héritiers de Pétain sont des interlocuteurs validés par le gouvernement.


Nous sommes à la veille du fascisme, et les responsabilités écrasantes de la classe dirigeante et de leurs médias aux ordres ne devront pas être oubliée dans la catastrophe qui s’installe déjà.


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2 réflexions au sujet de « Faire monter les néonazis pour affaiblir les fascistes ? La stratégie brillante du macronisme »

  1. Ah le mite errant du PS qui serait de gauche…. Et du coup si tu commence ta carrière chez les fachistes, te fait décorer de la croix de Lorraine par pétain, fait 2 3 mesures sociales comme lubrifiant et ensuite continue bien à droite et commence la dédiabolisation des fachos, sous faux drapeau c’est ”de gauche” ?

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