La Macronie fait déborder les prisons, les détenus désobéissent à Nantes


Chronique d’une société carcérale


la Macronie fait déborder les prisons, les détenus désobéissent à Nantes

Début Avril, l’Observatoire national des prisons (ONI) révélait que pour le 5ème mois consécutif, le record du nombre de personnes incarcérées était battu. 76.766 detenu-es au 1er mars 2024 quand le nombre de place disponible est de 61.629. Cherchez l’erreur.

Dans ce même communiqué, on apprend que ces derniers mois le nombre d’incarcération a fortement augmenté avec 4000 personnes sur un an. Ce chiffre est énorme mais non étonnant puisque, lors des révoltes pour Nahel la justice a prononcé des peines de prison ferme pour le vol d’une simple canette de Red Bull.

Ces violences judiciaires sont organisées, puisque l’affreux Dupond-Moretti avait fait passer des circulaires demandant le déferrement systématique pour les mineurs durant les révoltes pour Nahel, et globalement, envoie régulièrement des consignes de fermeté pour les petits délits, ceux dont sont accusés les pauvres, les marginaux et les non-blancs. En France, ces incarcérations toujours plus nombreuses sont aussi les conséquences du premier quinquennat de Macron, lors duquel 120 infractions passibles d’emprisonnement ont été ajoutées et des politiques toujours plus répressives appliquées.

La France s’aligne tranquillement sur les USA, pays qui compte le plus de détenus au monde – 25% de toutes les personnes enfermées dans le monde le sont dans la «première puissance» – et où un prisonnier sur trois est noir. À ceux qui répondront par le prétexte de «l’insécurité» : la prison ne règle rien. Les USA sont à la fois le pays champion de l’incarcération et celui des fusillades de masse, des taux d’homicides et de violence parmi les plus élevés au monde. Une société ultra-libérale ne peut pas garantir la «sécurité» de ses habitants, même en enfermant à tour de bras.

Revenons en France : Gabriel Attal veut même durcir cette politique répressive en abaissant l’excuse de minorité ce qui permettrait le passage en comparution immédiate dès l’âge de 16 ans. La comparution immédiate étant un dispositif judiciaire expéditif permettant de juger des personnes exténuée, privées de liberté depuis parfois plus de 50h, sans délais, ni préparation.

Si les prisons sont remplies au-delà des capacités, c’est que les détenu.e.s sont entassé.e.s et que leurs conditions d’incarcération sont indécentes. À la maison d’arrêt de Nantes, on compte 911 détenus pour 420 places, et 200 personnes dorment sur un matelas au sol. En avril, même le syndicat des matons FO dénonçait l’explosion du nombre d’enfermés, et des conditions «intenables» : «Chaque mois, les chiffres de la surpopulation pénale battent des records. Jamais la situation n’a été aussi tendue».

Le jeudi 9 mai alors que les jours étaient particulièrement ensoleillés, les détenu.e.s de la Maison d’arrêt à Nantes subissait la chaleur dans leur cellule. Suite à cela, le syndicat Force Ouvrière justice a annoncé que 44 détenu.e.s avaient refusé, dans le calme, de rentrer dans leur cellule après la promenade. Ils ont pu grâce à leur mobilisation gagner deux heures d’air frais supplémentaires.

Le gouvernement ne sait plus maintenir son pouvoir que par la répression et l’enfermement et ces prisons saturées justifieront la construction de nouveaux lieux d’enfermement. Une fuite en avant dans un tout enfermement qui nie les causes et entretient l’illusion que les prisons seraient la solution.


Il est nécessaire de faire bouger ces institutions en naufrage autoritaire pour en finir avec ces politiques qui brisent des vies et ne restaurent rien.


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