Ne pas avoir de face, définition

Depuis 20 ans, la droite capture le pouvoir en France par le vote «barrage». En 2002, Chirac obtient un triomphe électoral grâce au «barrage» contre Jean-Marie Le Pen. Puis en 2017, c’est Macron qui réalise le même hold-up électoral. Il récidive en 2022, en appelant les électeurs de gauche a voter pour lui pour empêcher l’extrême-droite de gagner, et leur promet que leur vote «l’oblige» et qu’il en tiendra compte. On connaît la suite : il applique depuis deux ans, méthodiquement, le programme du Rassemblement National, et s’apprête maintenant à lui donner le pouvoir. Allant au bout du déshonneur, la Macronie, élue contre l’extrême droite avec les voix de la gauche, choisit désormais de ne pas faire « barrage ». Et parfois même de soutenir… l’extrême droite contre la gauche :
- « Nous n’oublierons pas, nous ne pardonnerons pas et nous ferons barrage aux représentants de cette nouvelle Nupes », assure Prisca Thévenot, ministre macroniste ce 21 juin
- Karl Olive, député macroniste médiatique, interrogé par un journaliste : «Un face-à face entre un élu RN et un élu LFI, qui vous choisissez ?». Sa réponse : «J’espère ne pas avoir à choisir. En tout cas je ne voterai pas La France Insoumise».
- Macron lui même, en parlant du Front Populaire : «C’est un programme totalement immigrationniste», alors que dans le même temps, il affirme : «le RN est ses associés, ils proposent des choses qui font plaisir aux gens, mais c’est 100 milliards par an». Autrement dit, Macron trouve les idées néofascistes plaisantes, mais le seul reproche qu’il leur adresse, c’est leur coût.
- François-Xavier Bellamy, chez des Républicain, la tendance soi-disant modérée de la droite : «Je fais barrage évidemment à La France insoumise. Cette alliance de la gauche est un scandale qui menace la France».
- Raffarin, ancien ministre de Chirac : «les deux extrêmes ne proposent pas de solutions d’avenir», et annonce qu’il votera blanc.
- Guy Drut, autre ministre des sports sous Chirac : «J’approuve l’union des droites», c’est à dire l’alliance LR/RN pour laquelle il appelle à voter.
À contrario, la gauche, éternelle cocue de l’histoire, continue d’appeler à voter au barrage.
«Je ferai barrage (…) pour qu’il n’y ait pas d’élu du RN, qu’il y en ait le moins possible, quitte à voter pour la majorité présidentielle » déclare l’écologiste Sandrine Rousseau, et la France Insoumise appelle «à voter contre le RN en cas de duel face à la majorité».
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