Génocide en cours : la France complice


Malgré l’assassinat de secouristes, la poursuite du génocide et les frappes sur la Syrie, la France continue d’inviter les dirigeants israéliens


Gaza dévastée ressemble à un champ de ruines : l'image d'un génocide avec la complicité de la France.

Le ministre de la défense israélien l’a annoncé mercredi 2 avril : Israël va accentuer son attaque dans la bande de Gaza, et de vastes zones de l’enclave seront vidées de toute la population survivante pour être saisies et annexées aux «zones de sécurité d’Israël». Ce sont des étapes supplémentaires dans la conquête coloniale de Gaza.

Secouristes massacrés et dissimulés dans des charniers

15 cadavres de secouristes ont été découverts à Rafah, enterrés près de leurs véhicules détruits et clairement identifiés comme étant des ambulances, annonce l’ONU. Ils ont été assassinés 8 jours plus tôt, le 23 mars, et enterrés à la hâte dans des charniers par l’armée israélienne pour dissimuler son crime.

Le responsable du Bureau des opérations humanitaires de l’ONU dit avoir vu le corps des secouristes «toujours dans leurs uniformes, avec leurs gants, tués alors qu’ils tentaient de sauver des vies». «Les ambulances ont été touchées une par une», a-t-il expliqué. Une première équipe de secouristes a été massacrée, puis d’autres équipes d’urgence venues à leur secours ont été frappées l’une après l’autre pendant plusieurs heures. Une cruauté sans limite.

«Ce cas est très emblématique du point que nous avons atteint à Gaza : ce qui se passe ici défie la décence, défie l’humanité, défie la loi. C’est vraiment une guerre sans limite», a lancé le responsable onusien.

L’ONU «réclame une enquête complète, minutieuse et indépendante» sur toutes les attaques contre les humanitaires, et rappelle que «au moins 408» humanitaires ont été assassiné-es à Gaza depuis le 7 octobre 2023. Le territoire palestinien est le plus grand cimetière d’humanitaires du monde.

École et clinique bombardées

Ce jeudi 3 avril, une école située dans le nord-est de la ville de Gaza a été visée. Les écoles sont des lieux de refuge pour les civils déplacés de force, ayant fuit les bombes et n’ayant nulle part où aller. Ce sont aussi des lieux particulièrement ciblés par l’aviation israélienne. La défense civile à Gaza dénombre 31 morts et plus de 100 blessé-es sur ce seul crime de guerre. Selon l’UNRWA, agence des Nations Unies, plus de 7 écoles sur 10 à Gaza ont été détruites depuis le 7 octobre.

La veille, une frappe israélienne avait visé une clinique située dans un camp à Jabaliya, faisant 19 victimes dont 9 enfants et des dizaines de blessé-es. L’Autorité palestinienne dénonce sur X «l’expansion de l’agression de l’occupation [israélienne]» contre le peuple palestinien, et appelle à «une pression sérieuse de la communauté internationale, qui soit au niveau des crimes de génocide, déplacement [de population] et annexion».

Agressions répétées contre la Syrie

La Syrie se relève à peine d’une décennie de guerre civile atroce ayant fait 500.000 morts, et de 40 ans de dictature sanguinaire. Israël en profite pour agresser sans relâche ce pays déjà dévasté, et en grande instabilité politique. L’armée coloniale a ainsi envahi plusieurs portions du territoire syrien, violant la souveraineté d’un pays avec qui il n’y a pas de conflit.

Ce jeudi c’est la ville de Deraa, dans le Sud de la Syrie, qui a été visée par une «incursion israélienne», puis par un bombardement ayant tué 9 civils selon un premier bilan.

Mercredi, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a fait état de bombardements dans plusieurs régions du pays, notamment contre le centre de recherche à Damas. «Des avions de guerre israéliens ont également mené des frappes visant (…) l’aéroport militaire de Hama» faisant plusieurs victimes. L’armée israélienne a reconnu avoir «frappé des capacités militaires encore présentes sur les bases syriennes».

Le Ministre de la Défense israélien a ouvertement menacé le gouvernement provisoire Syrien : «Si vous permettez à des forces hostiles d’entrer en Syrie, vous paierez un lourd tribut». Il a aussi déclaré : «L’activité de l’armée de l’air est un avertissement pour l’avenir. Nous ne laisserons pas la sécurité de l’État d’Israël être menacée». Un porte-parole de l’armé a ajouté : «La présence d’armes dans le sud de la Syrie constitue une menace pour l’État d’Israël».

En d’autres termes, seul l’État d’Israël a le droit d’être armé au Proche-Orient, et les pays voisins, Liban et Syrie notamment, doivent vivre dans la terreur permanente et subir les invasions et les agressions sans se défendre.

Provocation à Jérusalem

Le ministre israélien fasciste Itamar Ben Gvir s’est rendu mercredi sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem, sous haute protection policière. Dans la ville Sainte, l’esplanade des mosquées est un lieu sacré tant pour les populations juives que musulmanes. Il est toutefois réservé à ce deuxième culte, en vertu de ce qu’on appelle le statu quo depuis 1967, et c’est un symbole de l’identité nationale palestinienne. Ben Gvir avait déjà organisé une prière sur cette place en 2023, et avait déclaré qu’il souhaitait «judaïser l’esplanade des mosquées». Il était entouré, lors de cette première visite, par des activistes du troisième Temple, qui veulent détruire la mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher. Dans leur délire religieux, la reconstruction du Temple fera advenir la fin des temps.

En août dernier, Ben Gvir avait déjà amené 3000 fascistes israéliens pour organiser une prière collective. Ils étaient rentrés dans la mosquée Al-Aqsa en chantant des hymnes juifs. Ces gens ne cherchent qu’une chose : une guerre de religions.

Crimes de guerre en Cisjordanie

Un palestinien de 33 ans a été tué par les forces israéliennes à Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, rapporte l’agence de presse palestinienne WAFa. L’armée coloniale multiplie les exactions et arrestations de masse dans ce territoire palestinien qui n’est pourtant aucunement responsable de l’attaque du 7 octobre.

Les forces israéliennes lancent des rafles dans le camp de Tulkarem et de Nour Shams. Netanyahou s’est récemment fait photographier dans la maison de palestiniens expropriés par des soldats israéliens en Cisjordanie.

Et pendant ce temps, la France continue d’honorer Israël

Malgré les violations de cessez-le-feu, les crimes contre l’humanité, la déstabilisation de tout le Proche-Orient, les massacres de secouristes et bombardements d’écoles… la France n’a toujours aucune intention de sanctionner Israël. Pire, elle continue de s’aplatir comme un paillasson.

Le Ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot a osé recevoir son homologue israélien ce jeudi à Paris, «pour des entretiens portant sur les crises multiples qui secouent le Moyen-Orient». Totalement alignés sur Trump et Netanyahou, les macronistes parlent maintenant d’une possible offensive contre l’Iran. Nous sommes gouvernés par des criminels.

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